jeudi 23 janvier 2014

Le grand bleu avec une chaussure noire

Un film de papa Hérisson. La musique est proposée par Far.
La Descente est toujours un moment complexe, à la fois rempli d'introspection et de doute –que va-t-il se passer aujourd'hui?– mais aussi d'une certaine sérénité, comme une sorte de rêve éveillé. C'est un parcours fait généralement de solitude. On progresse dans une obscurité oppressante et froide. Parfois, d'effrayantes créatures des abysses –des démons échappés des enfers peut être– vous frôlent. On s'accroche désespérément aux quelques lumières faiblardes balisant le trajet, la ligne de vie. Des lueurs à peine discernables à travers les paupières mi-closes. On ressent une sorte d'ivresse : la tête qui tourne un peu, l'esprit embrumé, les gestes lents et maladroits.

vendredi 17 janvier 2014

Mauvais genre!

Ce qui est merveilleux avec les groupes réactionnaires, c'est que la peur du ridicule ne les dissuade pas d'enfourcher de nouveaux chevaux de bataille, si stupides soient-ils. Et quand on pense qu'ils ont touché le fond, certains d'entre eux s'obstinent encore à creuser pour trouver une nouvelle pépite.

C'est donc avec une joie non dissimulée que je vous annonce qu'ils ont trouvé un gisement.
Ah, stereotype fail : la fille n'est pas en rose!
Vous commencez à me connaître, ces histoires de stéréotype, ça a légèrement tendance à me gonfler. Je pouvais donc difficile passer à côté de ça... mais j'avoue être passablement vexé : comment voulez-vous que j'ironise sur cette affiche? C'est déjà presque un gag en soi! Pour vous dire, la première fois que je l'ai vue, j'ai pensé à un faux, un montage. Mais non.

Quand je vous disais qu'ils creusent encore! Je pense que dans leur esprit, une petite fille qui jouerait avec des petites voitures, des épées en mousse et aimerait le bleu se transformerait dès ses premières règles en lesbienne de combat de classe camionneuse à moustache, et un petit garçon qui  joue à la poupée, à la dînette ou aime le rose est plus ou moins condamné à se transformer en une sorte de crypto-Zaza de la "Cage aux folles".
Jeune garçon devenu travelo au bois de Boulo... ah, pardon! On me signale dans l'oreillette qu'il s'agit de Frigide Barjot, égérie de la Manif' pour tous.

Une petite remarque tout de même : sachant que le mouvement de la "manif' pour tous" (sic) est activement encouragé par un certain nombre de curés traditionalistes en soutane –des hommes en robes donc– je ne peux m'empêcher de trouver leur nouveau combat plutôt paradoxal... j'ai hâte de voir quels slogans extraordinaires ils vont nous trouver pendant la manif elle-même. Bon, pour la prochaine manif, je propose donc le visuel suivant, plus cohérent selon moi :
Tant qu'à aller dans les stéréotypes hein...
Sinon, pour leurs prochains chevaux de bataille, je propose :
  • Pas touche à nos stéréotypes raciaux-colonialistes!
  • Pas touche à nos stéréotypes de classe sociale!
  • Pas touche à mes idées pétainistes
  • Pas touche à ma théorie de la Terre plate!
  • Pas touche à ma peinture rupestre!
  • Gronk! (traduction : "Toi pas toucher mammouth de moi!")
Bon. C'était ma minute "moi aussi je me moque de l'idiot du village".
Ah ah!
Et maintenant, je vais me faire l'avocat du diable.

Soyons clair : si les gens de la manif' pour tous sont des gogoles coincés et rétrogrades, ça ne signifie pas pour autant que leurs adversaires sont moins neuneus. Et franchement, à la lecture de cet article, je me dis qu'il doit y avoir un concours de la proposition la plus stupide. Sérieusement, je cite :
"le rapport recommande également de «sanctionner les propos sexistes en cours de récré (...) »"
Dans le même esprit, et pour favoriser l'égalité des sexes dès le plus jeune âge, je propose que les bébés refusant de téter leur père soient passibles d'une peine de prison.

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les "vertus de l'interdit", ici, et. Encore une fois, le législateur tente de s'emparer d'un sujet qui relève de comportements humains, et dont il ne devrait pas se mêler, ou du moins pas avec autant de zèle. Car c'est bien là que le bât blesse : si la lutte pour l'égalité des sexes est légitime et souhaitable, ce genre de loi ou de réglementation risque d'être au mieux inapplicable, et au pire contre-productif. Mais comme on dit, l'enfer est pavé de bonne intentions... le truc, c'est qu'avant de s'occuper des cours de récré, je me demande vaguement s'il n'y aurait d'autres sources de stéréotypes et de préjugés dans notre société...

video


vendredi 10 janvier 2014

–Pourquoi j'ai pas le droit? –Parce que!

Qui n'a jamais été tenté, face aux questions insistantes d'un enfant un peu têtu, de se contenter de répondre un tonitruant et définitif "PARCE QUE!!!" en guise de toute argumentation? Et bien, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça marche assez rarement. J'avais déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'interdit, mais je vais y revenir ici sous un autre angle.
Evidemment, vu sous cet angle...

Une fois n'est pas coutume, je vais donc vous raconter une petite histoire.

C'est l'histoire d'un homme. Un homme à la peau noire, instruit, intelligent, mais qui a un certain... "problème" avec le communautarisme. Cet homme a donc choisi de se révolter contre un système qu'il réprouve. Ses paroles et ses actes lui valent l'inimitié, voire le mépris d'une assez large part de la classe politique et de l'intelligentsia de son pays. Mais cet homme, qui aurait pu s'en tenir là et reprendre ses activités normales, décide d'aller plus loin : il s'acoquine avec d'autres individus considérés comme peu fréquentables, et mène des réunions publiques dans lesquelles il critique vertement le système. Il popularise même un geste du bras, qui sera repris par nombre de ceux qui l'écoutent et le suivent. Le gouvernement de son pays promulgue alors un décret lui interdisant toute réunion publique, pour motif de trouble à l'ordre public.




Petit vote ?
►a . Vous cautionnez la décision de ce gouvernement
►b . Si cet homme viole réellement la loi, ça vous semble normal qu'il soit puni
►c . Vous désapprouvez
►d . Obiwan Kenobi Bien


























A présent sachez que si vous avez voté a ou b, vous venez d'apporter votre caution au gouvernement afrikaner en Afrique du Sud dans les années 50, et approuvé la mise en résidence surveillée de Nelson Mandela.
"C'est bon, j'ai attrapé la queue du Mickey! On a un tour gratuit les mecs!"

Ça c'est fait.

Une autre histoire? Allez zou, c'est parti mon kiki.

Encore un homme. Plûtot un artiste celui-ci. C'est un brillant orateur, qui sait captiver son auditoire. Lui aussi organise des réunions publiques, et devient vite le héraut d'une frange contestable de la population de son pays. Lui aussi popularise un geste du bras qui devient vite le signe de ralliement de ceux qui le soutiennent, lui et ses idées. Tient!? Lui aussi les autorités décident de le museler pour trouble à l'ordre public.





On vote à nouveau?
►a . Vous désapprouvez
►b . C'est bon, vous vous êtes fait avoir une fois : vous soutenez à fond ce pauvre type censuré!
►c . Si cet homme viole réellement la loi, ça vous semble normal qu'il soit puni
►d . Le docteur Rotule
































Bien.

Si vous avez voté a ou b, vous venez de fustiger les autorités allemandes de 1922 qui ont condamné et emprisonné Adolf Hitler.
C'est marrant, j'ai toujours cru qu'il était incapable d'exécuter un salut nazi correct...

Ces deux individus ont eu des parcours parfois similaires, des idées diamétralement opposées, ont tout deux subi la censure des pouvoirs publics, et leurs idées ont néanmoins prospéré. Vous vous doutez que je parle de ça en rapport avec l'actualité récente. Je vous rassure, je n'irai pas plus loin dans le parallèle et la comparaison, puisque tel n'est pas mon but.
Je ne porterai pas non plus de jugement sur cet autre homme qui est au centre de la tourmente médiatique actuelle, car je ne pourrais pour ce faire me fonder que sur les idées et intentions qu'on lui prête. Or je ne le connais ni lui, ni ses idées réelles. Quant à la façon de réagir aux idées nauséabondes, Odieux Connard en parle bien mieux que moi.

Pour ma part, mon but était le suivant :

  1. montrer que l'arme de la censure n'est pas nouvelle
  2. montrer que l'arme de la censure est à double-tranchant
  3. montrer que l'arme de la censure a toujours été inefficace pour combattre des idées, quelles qu'elles soient (sans quoi l'apartheid régnerait encore en Afrique du sud, et la seconde guerre mondiale n'aurait pas eu lieu).
Censurer, c'est une façon d'admettre que l'on a pas d'arguments à opposer à son adversaire et qu'on cherche juste à le faire taire car ses idées vous dérangent. Mais ça n'est pas parce qu'une idée n'est plus évoquée publiquement qu'elle cesse de se propager. Au delà de ça, s'arroger le droit de décider de ce qui peut être dit ou pas est selon moi extrêmement présomptueux.

Pour en revenir à mon introduction, la meilleure réponse à un "pourquoi ?" est rarement un "parce que!", et beaucoup plus souvent un autre "pourquoi ?"...

Edité : correction de quelques fautes et ajout du lien vers l'avis de Maitre Eolas sur la question, que je vous recommande chaudement tant je le trouve pertinent.

mercredi 8 janvier 2014

L'e. coli de Noël révolutionnaire incuba : Fidèle Gastro

Increvable. Invulnérable. Chaque année, on pense que c'est sa dernière, mais non... C'est pourtant pas faute d'avoir tenté de lui faire la peau : même les "spécialistes" n'ont pu y parvenir à ce jour. Et quand on croit y avoir enfin échappé : paf, nous voilà à genoux en train de crier "Raoul". Rien à faire, ces révolutionnaires semblent résister à tout, et se répandent autour de nous comme les spécialités lyonnaises à base de brochet dans les journaux anxiogènes de J. P. Pernaut.
Comme lui, mais le Spasfon® et le Motilium® ne marchent pas dans son cas à lui...
C'est un peu comme la grippe (d'ailleurs on l'appelle parfois "grippe intestinale"), et la médecine... pardon, la Médecine dans sa toute puissance vaccinale (rhooo? de l'ironie? moi? voyons, ça serait mal me connaître), semble tout aussi incapable d'en venir à bout.
Mais pourquoi diable parle-je de révolutionnaires me direz-vous? Et bien techniquement, nous sommes en permanence porteurs de e. coli, qui est une bactérie intestinale plutôt sympa normalement, participant à la digestion. Mais il semble que par moment, celle-ci se rebelle et devienne pathogène. La plupart des médecins pensent que ça serait lié à des souches spécifiques. D'autres postulent que le retour chaque année à la même saison de la fidèle gastro est plutôt liée à notre changement d'alimentation au moment des fêtes de fin d'année (nourriture plus riche, plus grasse, avec souvent plus d'alcool, et en plus grosse quantité) qui :

  1. fatiguerait notre organisme et affaiblirait notre système immunitaire déjà un peu usé par les laryngites, grippes, angines (et j'en passe) également de saison
  2. empêcherait ce même système immunitaire de jouer alors correctement son rôle en régulant la population d'e. coli présente naturellement dans notre système digestif
  3. favoriserait le développement des ces mêmes e. coli sous leur version pathogène par des substances riches qu'elles affectionnent
  4. et hop! c'est la révolution dans votre intestin grêle!
Vous me direz surement "Oui, mais il m'est déjà arrivé d'être malade sans avoir fait d'excès, voir avant les fêtes!". C'est pas faux, mais e. coli est très contagieuse :  si une personne de votre environnement l'a choppé, les chances de vous la refiler sont élevées (une seule poignée de mains pas parfaitement propres peut suffire, ou un bisou baveux, une léchouille, un verre ma lavé).

Bref, en tous cas, Fidèle Gastro arriva chez nous par une belle journée de décembre dans l'organisme de maman Koala, et incuba.
"Compañeros! Viva la revolución intestinale!" 
Et comme maman Koala est partageuse, elle le refila à notre princesse-guerrière favorite, Xéna qui décida donc un beau matin de reparfumer ses draps. Mais maman Koala et sa warrior de fille sont des battantes : elles se remirent en 24h à peine. Bien moins de temps que Plouf-le-cascadeur et moi-même qui fument les dernières victimes innocentes de nos révolutionnaires en goguette et avons bien mis 48h à nous en remettre.

Et laissez-moi vous dire une chose : quand vous sentez que vous avez une bouffée de chaleur, accompagnée d'une nausée et des quelques spasmes, vous trouvez subitement que :
  1. sauter du lit
  2. ouvrir la porte de la chambre
  3. descendre (ou dévaler, ou dégringoler) l'escalier
  4. ouvrir la porte de la cuisine
  5. ouvrir la porte du petit couloir glacial (sorte de warp zone sub-arctique connectée à notre maison par une sorte de trou de ver, je ne vois pas d'autre explication)
  6. ouvrir la porte de la salle de bain
  7. soulever la lunette du grand téléphone en porcelaine
  8. enfin pouvoir crier "Raoul" dans ce même téléphone
et bin ça fait long. Très long. Trop long.
Caramba! Encore raté!
Et sinon, je vous souhaite bonne année. Et surtout, la santé!