jeudi 25 août 2016

mardi 2 août 2016

L'éloge que du pire!

L'actualité pour le moins chargée de ces derniers temps vous aura sans nul doute donné l'occasion de le constater : le traitement médiatique de la chose, sans même parler des réactions à chaud des "people" (vedettes, experts autoproclamés de tout poil, politiciens, et autres youtubers), est souvent au ras des pissenlits. Côté racine s'entend. Aucun degré de réflexion, aucun recul, aucun "filtre" : on balance au public des images et des commentaires à chaud, sans même se donner le temps d'analyser calmement la chose et les conséquences que ces images et ces commentaires pourraient avoir. Démission de l'éthique journalistique au bénéfice de la société du buzz à tout prix. Le premier à en causer, fusse pour raconter du n'importe quoi de compétition, sera celui qui vendra [du papier/de l'espace publicitaire/du temps de cerveau disponible/sa mère/sa morale] (rayer la ou les mentions inutiles).

Fonctionne aussi avec Facebouc®, Touïteur®, Gogole®, la radio, les brèves de comptoir, les éditoriaux de machine à café... 
C'est d'ailleurs plutôt paradoxal alors qu'on parle de phénomène de fanatisme et d'endoctrinement. Et que dire de la complaisance évidente avec laquelle les médias diffusent ces images insoutenables de violence, de séquestration et d'encouragement à la haine? Tout cela au nom de l'audimat et des revenus publicitaires...

Comment ne pas imaginer, ne pas se soucier un seul instant de l'effet délétère que ces images peuvent avoir sur une jeunesse fragile ou des individus en manque de repère? Comment ne pas prendre conscience que tout cela participe au succès du recrutement de nouveaux adeptes, chaque jour plus nombreux à tomber dans le piège machiavélique de ces quelques individus qui tirent les ficelles au sommet de l'organisation. Individus qui se soucient probablement plus de l'état de leur compte en banque et de leur pouvoir personnel, que des individus fragiles qu'ils exploitent.

Les médias sont leurs alliés objectifs : que l'on parle d'eux en bien ou en mal, qu'importe tant qu'on parle d'eux. et ça tombe bien, les médias sont là pour faire du buzz et vendre du papier. La même chose s'était produite lors des événements similaires dans les années 90. Pour gagner, il leur suffit d'envahir l'espace médiatique : tout le monde doit avoir entendu parler d'eux. Et là, visiblement, ils ont gagné : la psychose se répand d'elle-même.
Oh mon dieu! ILS sont là!!!!
Et de plus en plus d'individus rejoignent leurs rangs... moi même, j'ai une de mes collègues de travail qui a succombé à leur insidieuse propagande, et commencé son entraînement :  qui sait jusqu'où elle ira?

Il faut dire qu'elle était déjà fragile, conditionnée par les médias, facilement tentée par ce genre de dérive : le terrain était donc favorable. Et j'imagine que quelques mauvaises fréquentations l'auront conduite jusqu'à ce point de non-retour. Bientôt, elle ira sans doute rejoindre les zones de combat... enfin, les "arènes" comme ils les appellent. Sans doute une fois que son Miaouss aura évolué, ou qu'elle aura capturé assez de Rattatas...

Oui, les adeptes de "Pokemon Go" sont de plus en plus nombreux, inconscients qu'ils sont que tout cela ne sert que les intérêts des dirigeants de Nintendo et consorts, qui exploitent sans vergogne les données personnelles (géolocalisation, goûts et préférence, liste de contacts, etc...) de ceux qui succombent à l'installation de cet hippopotame rouge...

Et pourtant, soyons honnêtes, Nintendo n'a rigoureusement rien inventé:
  • Le principe de la chasse au trésor ne date pas d'hier : on peut considérer que les pilleurs de tombes de l'Egypte ancienne la pratiquaient déjà.
  • La géolocalisation par smartphone ? Bof, c'est le principe de la Géocache et de ses différents succédanés
  • La réalité augmentée? Les Google Glass® le faisaient aussi, même si leur succès n'a pas été à la hauteur, et le principe existait déjà avant : les systèmes de visée tête haute qui équipent les pilotes de chasse depuis des décennies fonctionnent sur le même principe de base consistance à surimposer des images générées par ordinateur au visuel de la réalité.

Ils se contentent donc de surfer sur le succès jamais démenti d'une licence qui a fait ses preuves... depuis le début des années 1990. Et oui, la pokemon-mania ne date pas d'hier : jeux de cartes, jeux vidéo, dessins animés, BD, etc... On pourra dire que les pokemons auront été déclinés sur à peu près tous les supports disponibles. Ne manquait que la "réalité"... voilà qui est chose faite. Et les médias de s'extasier sur le "génie" de Nintendo, qui pousse les geek à sortir de chez eux (on notera d'ailleurs quelques combustions spontanées au contact des rayons du soleil ces dernières semaines) et à marcher, parfois des kilomètres et des kilomètres.
Au moins, le geek est uniforme...

Et pourtant, ce jeu est profondément immoral.

–Comment ça immoral?

Bin oui : le but du jeu est de trouver des petits animaux kikinous, de les pourchasser sauvagement pour les enfermer dans des p'tites boules trois fois trop petites pour eux, puis de les entraîner au combat, et enfin de les faire s'affronter à mort dans des arènes, pour les plus grand plaisir de spectateurs extatiques. Et je ne vous parle même pas des "mutations" (ils parlent "d'évolutions") qu'on leur impose, très certainement à coups de produits dopants aux effets secondaires inconnus. Je ne serais pas étonné que le PDG de Nintendo soit un ancien entraîneur olympique Russe tiens...

Je vous propose donc de rejoindre le Front de Lutte contre l'Oppression des Pokemons (ou FLOP) (canal historique bien sûr), voué à convaincre les dresseurs de pokemons de relâcher dans la nature ces pauvres petites bêtes. Et si vous êtes en manque de chasse aux pokemons, sachez qu'il existe des produits de substitution :
  • la Géocache (déjà évoquée)
  • Pokédéchet Go, dont j'avais entendu parlé sur le fil facebouc® de Wonder Fofie (qui tient aussi un blog bien sympa) : se ballader dans la nature, et ramasser les pokédéchets que l'on croise, afin de les enfermer dans une pokétrashbin
    La pokétrashbin : sorte de pokéball.
  • Pokémiiii Go : ramasser les pokémiiii chatons abandonnés lors des grands départs en vacances (existe en pokéwouf) et leur faire des pokécalins en leur donnant du pokémiam et de la pokéwater, avant d'essayer de les placer dans une pokéhome avec une pokéfamilly accueillante
  • Pokémushroom Go : aller à la cueillette des champignons (comment ça "en été?!" ? franchement, vous avez vu la météo?) pour les mettre dans une poképoëlle
  • Jacquie-et-Michel Go : dans lequel Sachatte se lance à la recherche de... hum... 
  • Pokemoan Gode : dans lequel les joueurs tente d'attraper tous les... heu..
  • Pokérien : aller se promener juste comme ça, en regardant le paysage, pour mettre des pokésouvenirs dans sa pokémoire
  • Pokérêverie...
... comme par exemple l'initiative dans le cadre du festival "Rendez-vous conte" mise en place au parc de l'Isle Briand au Lion-d'Angers (le parc de l'Hippodrome) : un parcours de promenade balisée avec des petites scénettes à découvrir au fur et à mesure, permettant de s'imaginer une histoire.
Il était une fois...


Un fois franchie la pancarte de début...
...un grand méchant gentil loup, et un Papa Hérisson qui se promenaient en forêt.
...il faut ouvrir l’œil pour ne pas rater les balises.
Et là, ils croisent un elfe des bois.
"–Oh! Un bonhomme Océdar elfe sylvestre!!!" dit le papa Hérisson
"–Ça se mange?" demanda le grand gentil loup
"–Non, et je ne m'appelle pas Sylvestre, je m'appelle Icheryen" répondit l'elfe.
"–L'elfe Icheryen... hum, ok... je vois" répondit le papa Hérisson.
Enfin, les balises et aussi les petits personnages qui se dissimulent dans leur voisinage.
L'elfe ajouta : "–Faites gaffe, un géant qui chausse du 435 se promène dans le coin, il a même piétiné mes potes : l'elfe Ëdupianodebou, et l'elfe Ëlaghel ..."
Mais bon... des fois, faut être miro pour les rater.

L'elfe poursuit : "–Bon, vous le sentirez venir notez bien : il a retiré ses pompes, ça sent la chaussette à au moins 200m"
"–Ok... z'inquiétez pas, mon loup lui bouffera les durillons s'il s'approche de moi..."
–Tout ça juste parce que tu n'aimes pas "Pokemon", c'est ça?

Ah non, je m'en fiche un peu de Pokemon en fait. A la marge, je pourrais y jouer hein (enfin sauf que je n'ai pas de forfait data sur mon téléphone)... moi-même il m'arrive de geeker sur des jeux. et puis soyons honnête, ce jeu a au moins le mérite de faire sortir les gens. Mais Pokemon, c'est juste pas tout à fait ma génération. Alors ok, la politique de captation des données personnelles par Nintendo est discutable, ceci étant, là encore, ils n'ont rien inventé : pour rappel, le jour où vous faites faire une carte grise pour votre voiture par exemple, je vous conseille de bien vérifier que la case "je m'oppose à l'utilisation de mes données personnelles à des fin commerciales" est bien cochée, car sans cela, l’État français est libre de vendre... hum... pardon, de fournir vos données à des sociétés privées détentrices d'un agrément à leur accès (agrément payant bien sûr). Et il ne s'en prive pas.

Non, ce qui m'amuse (ou me désespère, ça dépend des moments), c'est cet espèce d'emballement médiatique pour le phénomène, et pas que pour ça : j'ai souvent l'impression que les médias sont complètement en roue libre. Et sur d'autres thématiques, ça peut s'avérer bien plus néfaste. Le système médiatique, c'est un peu comme le doctissimo de l'humanité : notre société a un bouton purulent de terrorisme sur le postérieur? Doctissimo-médias pronostique direct un cancer colo-rectal mortel en phase de métastase, poussant la société à envisager une chimio lourde et le remplacement du gouvernement rectum par son équivalent en facho PVC... alors que le problème est plutôt dans la tête si vous voyez ce que je veux dire.

Sinon je ne vois pas comment expliquer le fait qu'une organisation terroriste qui porte un nom de lessive soit capable de terrifier la population d'un pays en faisant moins de morts que les accidents de la route ou les effets iatrogènes de la médecine... Je prends ces exemples à dessein : dans les trois cas les morts touchent des individus de tous âges/origines/confessions/sexes à n'importe quel moment, dans les trois cas on peut trouver des responsables (fusse des boucs émissaires) et l’État essaye d'agir, et dans les trois cas, c'est plus facile à dire qu'à faire pour empêcher les morts. Par contre, les 3500 morts annuels sur la route n'auront droit qu'à une brève, au mieux un reportage de 3 minutes au 13h de TF1 entre une chronique sur les désanusseurs de porc bretons et une interview de 5 minutes de Nabilla, tandis que les quelques dizaines de morts des attentats peuvent monopoliser les médias en continu pendant des semaines. C'est beaucoup d'attention accordée à des fanatiques demeurés je trouve... autant dire que la stratégie de la mouche a encore pas mal d'avenir devant elle.
Et oui, dans les histoires, il faut toujours un grand méchant loup...

lundi 4 juillet 2016

C'est encore loin?

Bonne nouvelle, les grandes vacances arrivent. Et avec elle leur lot de petits bonheurs quotidiens :
  • les moustiques
  • les bouchons sur les routes
  • les plages noires de monde
    –Attention, je fais la bombe...
    –Raoul!!!! Noooooon!!!!
  • l'élection de Miss Camping
  • les gnomes fatigués/excités/intenables que tu n'arrives plus à mettre au lit
    "Non mais... ça vous énerve quand je fais ça?"
  • les maladies vénériennes amours de vacances
    Sortez couverts!
  • les mycoses dues à l'humidité ambiante coups de soleil
    J'ai l'impression d'être à un meeting de François Hollande...
  • le prix astronomique du carburant sur les autoroutes et près des lieux de villégiature
  • les attractions touristiques hors de prix que vos gnomes vous tanneront jusqu'au trognon pour faire, avant de râler que c'est trop long/c'est fatiguant/c'est pas marrant/ils préfèrent la plage (gratuite)
  • ...
Enfin bon, je vous avais déjà donné quelques conseils ici. Mais hélas, avant de profiter de tous ces petits bonheurs, il vous faudra subir l'épreuve du...
Trajet en voiture de l'horreur!!!

Et oui, car si les vacances c'est bien, le trajet qui les précède est en général un moment de pur sadisme, dont l'organisation a forcément dû être confiée à un tortionnaire nazi. En tout cas, je ne vois pas d'autre explication à ces différents supplices que l'on doit subir :
  • Faire rentrer dans un coffre de voiture, visiblement trop petit pour ça, un volume de bagage suffisant pour permettre d'affronter le séjour dans de bonnes conditions (avec mention spéciale pour la valise de vêtements chauds "au cas où", qui se révélera soit totalement inutile, soit trois fois trop petite)
  • Gérer l'itinéraire en tenant compte des bouchons/déviations/travaux/passages du tour de France/manifs de la CGT/transhumance de koalas/...
    Alors voyons, si ensuite je prends direction Bois de Boulogne et que...
  • Trouver un chenil pour grand-mère, et une croisière avec Aimable et son orchestre pour le chien... euh, non attendez...
  • Prévoir la réserve de médoc pour Jean-Théo et Marie-Emma qui souffrent du mal des transport
    Enfin, ça c'était avant. Avant que je ne vous parle de ces merveilleux bracelets anti-nausée, testés et approuvés par votre serviteur, qui souffre lui-même du mal des transport depuis sa plus tendre enfance. Notez au passage qu'ils coûtent très peu cher, mais que si vous avez vraiment des oursins dans les poches, une lentille (oui, la graine) crue et fixée à l'emplacement voulu avec un sparadrap fait parfaitement l'affaire.
  • Demander gentiment à la voisine de venir nourrir les piranha dans l'aquarium
  • Laisser les chats se démerder : ces feignasses n'ont qu'à ouvrir leurs boites de Kwiskas tous seuls. Au lieu de ça, ils préfèrent passer leurs journées à picoler et à jouer au Baby.
    C'était un communiqué du CCC.
  • Vendre un rein pour payer son séjour,son essence et son contrôle technique
  • Priez pour éviter la panne ou l'accident
    Ah bah ça c'est balot...
Et puis surtout, qui n'a jamais subi ce dialogue :

–Papa, c'est encore loin?
–Non pas très... je vous remets l'intégrale du "Seigneur des Anneaux version-longue-directors-cut" pour la troisième fois en attendant l'arrivée?
"–C'est moi ou cette route est interminable? Tu veux pas qu'on s'arrête demander à quelqu'un?
–Non, c'est bon c'est un raccourci j'te dis..."

Occuper des gnomes en voiture (ou confinés à domicile par temps pluvieux), c'est un vieux cauchemar parental. Et pour solutionner ce problème, plusieurs écoles existent :
  • Certains l'ont résolu grâce aux lecteurs DVD portables, consoles et autres tablettes pc : le problème de cette méthode, c'est qu'après la quinzième diffusion de la "Reine des Neiges", il n'est pas totalement impossible que la répétition de cette petite rengaine subtilement crypto-pro-brexit qu'est "Libérée délivrée" vous conduise à abandonner vos gnomes sur la première aire d'autoroute venue.
  • D'autres préfèrent rester dans une démarche plus traditionnelle à l'aide de livres et de jeux de société de voyage : inconvénient, certains gnomes sont malades en voiture, et ne supportent pas de lire (où ne savent pas encore lire)
  • Il y a aussi les bonnes vieilles méthodes pour passer le temps : compter les twingo vertes, ou trouver le département associé à la plaque d'imm... bon ok, ça on oublie, avec les nouvelles plaques, c'est illisible.
  • On peut aussi ligoter et bâillonner les gnomes dans le coffre, etc...).
  • Sinon, bah, il y a l'autoradio...

Pour ma part, n'ayant pas investi dans une tablette ou un lecteur DVD portable (bon en fait si, il y a longtemps, mais sa batterie ne tient plus la charge), je ne peux leur diffuser de dessins animés pendant de longues heures. Et comme je souffre du mal des transports, quand je ne conduis pas je ne peux pas lire un livre pour leur raconter des histoires. Pas sans refaire la déco intérieure de notre Citreugeot Partningot du moins. Heureusement, il reste l'autoradio lecteur CD.

Je dis heureusement, car les gnomes ont eu pour leur Nowël deux livres-CD d'histoires particulièrement chouettes, produits par la Maison du Son : "Le Rossignol" et "Les Cygnes Sauvages".

–Non mais c'est quoi ce racolage éhonté?
Non, ÇA c'est du racolage gratuit.

Bon, alors je précise que cet article n'est pas sponsorisé : je vous en parle parce que j'ai adoré.
Deux histoires qu'elles sont bien!
Il s'agit d'histoires sonores (contes, contes de fée) impertinentes sans être vulgaires, racontées par une narratrice (Cécile de France) et jouées par divers acteurs.

Contrairement à certains CD de comptines ou d'histoire, ceux-ci ne sont pas réservés à un jeune public, mais bien destinés à toute la famille. S'ils sont écoutables à partir de 5-6 ans, sachez que nous autres adultes en apprécierons certaines subtilités (des références, des jeux de mot, etc...) qui échapperont aux plus petits.

Si je devais décrire ces ovnis audio, je dirais que ça ressemble à un enfant illégitime de Walt Disney et François Pérusse. Avec Michel Courtemanche en guise de nounou. Ou encore à la rencontre entre Charles Perrault et les Nuls.
Oui, parce qu'il y a aussi des passages musicaux.

Chacun des CD dure environ 1h, et je vous garantis qu'on y découvre de nouvelles subtilités à chaque écoute. Bref :

  • c'est sympa
  • c'est marrant
  • c'est familial
  • c'est Belge (oui, décidément, ils sont doués nos voisins d'outre-Quiévrain)
  • ça coûte une vingtaine d'euros chacun (et ça le vaut bien)

Seul regret : leur site et leur page facebook n'ont pas été récemment actualisés, et du coup, je doute qu'ils aient d'autres projets en cours.

Et sinon, vous pouvez toujours compter les twingo vertes...
1, 2, 3, 4...