dimanche 19 novembre 2017

Qui a peur du Grand Méchant Mou?

Prologue
Montagnes de l'Himalaya, royaume du Khupal, à la frontière avec le Boukistan
Ça n'était pas un hasard si ces montagnes avaient été surnommées "le toit du monde". De chaque côté de l'hélicoptère gros porteur défilaient de hauts pics qui semblaient tutoyer les cieux tels d'immenses piliers célestes abandonnés là par quelque dieu négligent.

Le "colonel" se faisait cette réflexion silencieusement, lorsque la voix de sa voisine de cabine grésilla dans l'écouteur.
"–Ça fait plus de deux mois qu'il n'a pas donné de nouvelles... comment avez-vous réussi à la localiser? Qu'est-ce qu'il ficherait ici dans le trou du....
–Le Khupal. Oui. C'est bien ce que m'a indiqué mon informateur."
L'homme en uniforme tourna la tête vers la femme, une rousse en tailleur stricte qui le regardait d'un air sceptique.
"–Croyez-moi, l'homme qui m'a renseigné est fiable.
–Un ami à lui?
–Son garagiste. Youri. Ou Sergueï, ou peut-être Vladimir,  je n'ai jamais su en fait... bref, il m'a dit texto : "Lui fatigué. Lui tout mou. Lui besoin pause. Khupal. Vous partir maintenant, sinon je tirer kalachnikov."
–Admettons, répond la rouquine en levant les yeux au ciel. Mais le Khupal, même si c'est un petit pays, c'est vaste. Pourquoi ici spécifiquement? Pourquoi dans ce monastère Bouddhiste?
–Pas Bouddhiste, Mouddhiste...
–Pardon?
–J'ai dit pas Bouddhiste, mais Mouddhiste. C'est un monastère Mouddhiste. S'il est "mou" pour reprendre les termes de Alexeï, je pense que ça veut dire qu'il est atteint du syndrome du Grand Méchant Mou. Dans ce cas c'est forcément l'endroit où il est venu se mettre en retraite du monde. Les mouddhistes ont fait de ce syndrome un mode de vie."
"–C'était pas ma guerre..."
La rousse s'apprêtait à ajouter quelque chose, mais le pilote sembla avoir repéré son objectif. Désignant du doigt un bâtiment à l'architecture curieuse accroché à flanc de montagne, sa voix grésilla dans les écouteurs de ses passagers.
"–C'est là, à 14h!"
Le monastère Mouddhiste s'étalait sur la paroi montagneuse tel un flamby ramolli dans une assiette. Avisant un haut plateau dégagé, non loin du bâtiment, l'appareil massif se posa avec l'habileté liée à de longues heures de vol du pilote. Tandis que les passagers descendaient de l'hélicoptère, plusieurs moines mouddhistes en robes chamarrées venaient à leur rencontre d'une démarche trainante. Le "colonel" s'avança en boitillant. L'un des moines s'avanca vers les visiteurs et prit la parole dans un français approximatif :
"–Soyez bienvenus nobles étrangers. Vous venir pour rencontrer Sa Sainteté Dalaï Le Mou?"
L'homme en uniforme s’apprêta à répondre, mais la femme en tailleur lui grilla la politesse :
"–Non. Nous recherchons un homme. Un homme venu dans votre monastère pour s'y exiler.
–Si lui venir exil ici, pourquoi vous venir déranger lui? interrogea le moine.
–Nous avons besoin de cet homme pour... une mission de première importance.
–Et... vous être? demanda le moine.
–Je suis... vous pouvez m'appeler colonel Trotte-mal, répondit l'homme en uniforme. Rapport à ma jambe en galère. Et voici Miss Terry Heuze.
–Et qui vous chercher?
–Ça me parait évident, nous cherchons... Papa Hérisson!"
Où est Papa Hérrisson

Le syndrome du Grand Méchant Mou

Oui. Je sais. Ça fait des plombes que je n'ai publié aucun article. J'ai honte. Enfin un peu... et pourtant, je suis bien d'accord, c'est pas les sujets qui manquent en ce moment : autodafé réforme du code du travail, Paradise Papers, affaire Weinstein, indépendance de la Catalogne, affaire du Glyphosate, Nicolat Hulot en train d'avaler des couleuvres anacondas au mètre linéaire...

–scandale de la prostitution dans la téléréalité révélé par Jeremstar...

JeremQui ça? Bof, peu importe... Bref, mais #cépamafote, c'est la faute du Grand Méchant Mou. Le Grand Méchant Mou, c'est ce truc qui te choppe parfois : tu as des trucs à faire (genre plein!), tu as toutes les raisons de les faire (de bonnes raisons), le temps pour ça (plus ou moins), mais... rien. Nada. Walou. C'est pas tout à fait comme le syndrome de la page blanche hein... des idées de sujets d'articles, c'est pas ce qui me manque (cf  sujets ci-dessus), mais juste impossible de trouver la motivation.


Bon, notez bien que je suis loin d'être le seul hein : ça semble même plutôt fréquent en automne. Il fait gris, il fait froid, il fait humide, on est tous un peu malades, un peu frigorifiés, bref :
L'hiver arrive.

En gros, t'as juste envie de t'emballer dans un plaid polaire devant ta cheminée en sirotant un chocolat chaud tout en caressant ton chat qui va laisser tous ses poils sur ton plaid et te déclencher un choc anaphylactique.
Sluuuurp!
Et puis soyons honnête : il y a tant de motifs d'indignation dans l'actualité que ça en devient épuisant. Trop nombreux. Tu montes en pression, et là un autre truc déboule, tu monte aussi sur ce nouveau cheval de bataille, mais avant que tu ne te lance, un autre arrive et... tu laisses tomber. Trop nombreux.
"–Je vais tous vouuuuus... euh... oups!"

D'ailleurs, objectivement, je ne dois pas être le seul : prenez les ordonnances sur la réforme du code du travail. A en croire les sondages, une majorité de français y étaient opposés. De nombreux experts pronostiquaient une rentrée sociale chaude-bouillante, des grèves et des mouvements sociaux à n'en plus finir et... finalement rien. Zob. Que dalle. Nada. C'est pas que tout le monde s'en fout hein... et d'ailleurs ça peut encore péter, plus tard, c'est juste que là, tout le monde est las. Plus de courage. Tous mous. Le Grand Méchant Mou. D'ailleurs je soupçonne vaguement que Jupiter Junior l'a parfaitement compris...
"–Mouahaha! Punaise, comment je les ai tous niqués!"
Franchement, c'est vrai! Même Hulot est atteint : entre la prolongation des centrales nucléaires, le glyphosate, les pesticides tueurs d'abeilles et j'en passe, même Jean-Vincent Placé aurait posé sa dém'. Mais Nico? Non. Alors de deux choses l'une : soit ce mec a vendu ses testiboules dans une brocante et s'est laissé pousser les dents pour rayer tous les planchers de l'Elysée, soit il est atteint du syndrome du Grand Méchant Mou.

Pire! Environ 15.000 scientifiques (15.000!!!) ont co-signés une tribune, un appel, pour alerter sur la situation catastrophique de notre planète, gravement menacée par l'activité humaine. Attention hein? Ça rigole plus, les grosses têtes nous préviennent : si on continue de chier dans la colle comme ça, c'est l'avenir de notre civilisation voire de notre espèce qui est menacé. Logiquement, un truc pareil devrait faire les gros titres de tous les journaux, de toutes les télés. Une réunion d'urgence devrait être convoquée à l'ONU en mode film-catastrophe-on-va-tous-crever, et des décisions drastiques devraient être prises. Et... et...
Et bin on n'est pas dans la merde...

Rhaaaa punaise, rien que d'en parler ça m'énerve!

Que... mais oh. Je... je suis énervé? Mais alors... ça veut dire que... JE SUIS GUERIIIII!!! Purée, maintenant ça va chier!!!!
"–Tu vas l'avoir ta putain de gueeeeeerre!"
Epilogue
Le colonel Trotte-mal et son acolyte suivent à présent l'homme en habit coloré. Celui-ci écarte un rideau pour les laisser passer. Miss Terry Heuze et le colonel balayent la pièce du regard. Parmi les personnes présentes, son regard se pose soudain sur celui qu'il cherche. Assis en train de déguster son repas, se trouve Papa Hérisson. Ce dernier lève soudain les yeux vers les nouveaux venus. Les identifiant soudain, ses épaules s'affaissent comme sous l'effet d'une profonde lassitude.
"–Bon sang! Paul Bismuth! [cf cet article, mais aussi celui-ci ou encore celui-là] Mais qu'est-ce que vous fichez ici? Et pourquoi en uniforme? Et c'est qui la rouquine qui vous accompagne? Votre avocate? Vous avez encore fait une connerie?
–Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, répond l'homme en uniforme. Je suis le colonel Trotte-mal à présent. Et je suis officier des SAS. Et voici Miss Terry Heuze du FBI.
–Sans rire? Le Special Air Service et le Federal Bureau of Investigation?
–Euh... non, répond la femme rousse. Les Sections Anti-Sexisme et le Feminisme en Bataillon International.
–Je me disais aussi...
–Nous nous sommes donnés du mal pour remettre la main sur vous M.Papa Hérisson, reprend-elle. Ça fait des mois que vous aviez disparu de la circulation! Nous avons suivi votre piste jusqu'au bout du monde, jusqu'à ce monastère Mouddhiste à la frontière entre le Boukistan et le Khupal..."
Papa Hérisson s'esclaffe.
"–Sérieusement? Mais qu'est-ce que j'aurais été f... là-bas?"
Miss Terry Heuze jette un regard noir à son compagnon.
"–Bon, ok, j'ai mal interprété une information. Mais comment j'aurais pu deviner que "Khupal" désignait un restaurant indien à deux pâtés de maison, hein? Hem. Bon, ceci dit, rétorque Trotte-mal, ça nous a permis de rencontrer le Dalaï Le Mou.
–Ah. Et alors? Il est comment?
–Mou. Très mou.
–Oh. Cool. Je devrais peut-être y aller dans ce monastère finalement...
–Ah non c'est bon maintenant, s'énerve Terry. On a déjà eu du mal à vous retrouver dans ce pu**** de restaurant indien au fin fond du trou du cul de la France! On a besoin de vous!
–Besoin de moi? Et pourquoi donc?
–Pourquoi? POURQUOI? Non mais vous suivez les infos ou pas? s'énerve la femme rousse, son visage prenant un teinte assez proche de celle de ses cheveux.
–Bof. En ce moment,pas plus que ça je l'avoue...
–Et bien sachez que depuis quelques semaines, c'est la GUERRE M. Papa Hérisson! La guerre des sexes!
–Pffffffff...
–Ah bin super, ça a l'air de vachement vous motiver... le sexisme, les violences faites aux femmes, toussa, vous ne vous sentez pas concerné même un tout petit peu? Bravo, bel esprit!
–Non mais si hein... au contraire! Toute cette histoire là, Weinstein, #balancetonporc, #metoo, tout ça... je vous soutiens à mort les filles hein! Et pis en plus, je m'en fais pour l'avenir de Xéna avec toutes ces conneries. Je ne demanderais qu'à vous aider, faire un article, m'indigner, toussa... c'est juste que là... je suis atteint du syndrome du Grand Méchant Mou.
–Oui, bin vous allez me faire le plaisir de vous secouer le croupion, parce que ça urge!
–Rhaaa, punaise on peut même plus avoir la paix pendant qu'on bouffe des samoussas maintenant. Je peux finir mon houmous quand même?"
Le houmous, c'est bon. Et c'est mou.



mardi 12 septembre 2017

Le retour du jeu dis!

Il y a pas bien longtemps, dans une galaxie proche, très proche, très très *paf*. Trop proche.
Et merde, une suite... le pire contre-attaque!

Bon, ça faisait comme qui dirait longtemps que je ne vous avais pas causé de jeux de société et que Bioviva ne m'avait pas sournoisement graissé la patte en m'offrant gracieusement un jeu à tester, il était donc temps de remédier à cela. Voilà qui est chaussette chose-faite.

Voici donc de nouveau l'un des mes célèbres crash-test sans concession. Et puisque Bioviva m'a de nouveau fait l'honneur de m'envoyer un de leurs jeux, nous allons donc commencer par ce dernier.

Cro-magnon : le jeu de l'âge de Pierre...

... mais aussi de Paul et de Jacques.

Encore un jeu de primate!

Cro-magnon®, c'est un jeu de chez  que j'ai déjà eu l'occasion de vous présenter. Ce que j'aime bien chez eux, c'est que leurs jeux sont :
 et


Et Cro-Magnon® ne fait pas exception à la règle : pas de plastique, juste du carton, du bois, ...du charbon et de la pâte à modeler végétale...
"–Qui ose me traiter de pâte à modeler???!!!?"
... et des petits cailloux en guise de pions. Bon l'avantage c'est que si tu paumes un pion, bah c'est pas grave. T'as juste à ramasser un gravier par terre épicétou.
Un jeu avec des matériaux simples.

Principe du jeu
Cro-Magnon, c'est un peu une sorte de Time's Up (déjà, si t'es allergique au Time's Up, passe ton chemin) : il s'agit de faire deviner des mots dans un temps limité.

Mais ici pas de sablier (c'est trop technologique) pour décompter le temps de jeu, le tour est délimité dans le temps par la rotation d'une toupie. Du reste, vous êtes un primate dont le but est d'évoluer, donc au début, on ne maîtrise qu'une forme primitive de communication : le mime avec force onomatopées. Une fois que vous avez cumulé assez de mots/points, vous évoluez et passez au stade supérieur : la fabrication d'outils (pâte à modeler), toujours pour faire deviner des mots. Puis c'est le langage primitif (style : gros-feu-ciel pour faire trouver soleil). Et enfin l'art pictural (avec un morceau de charbon). Le gagnant étant le premier à finaliser le dernier stade d'évolution vers l'homo sapiens moderne.
Exemple d'homo sapiens moderne.

Précision : au début du jeu, chaque joueur tire au sort une carte "tribu". Chaque tribu est unique, et se caractérise par une action à accomplir (le "Toifair") à chaque fois que c'est son tour de jeu, une sorte de gimmick propre à chaque tribu,. mais également un pouvoir (le "Powa") permettant théoriquement de perturber les autres joueurs pendant leur tour.
Oui, alors je ne vous le cache pas, ça peut vite devenir gonflant...
Chaque mot deviné ou fait deviné permet d'avancer son pion-caillou sur sa piste d'évolution (autour de sa carte tribu) et ainsi de se rapprocher du but.
Oui, certains ont visiblement plus de chemin à parcourir hein... 

Bonméducoucésympa?
Pour être parfaitement honnête : je suis partagé. Le format (toupie, pions cailloux, etc...) est vraiment sympa, mais j'ai eu du mal à accrocher. Ceci dit, je me dois d'admettre que je suis passé à côté d'un point de règle au sujet du cumul des points (en gros, nous n'avons compté que les points de ceux qui faisaient deviner, pas de ceux qui devinaient) ce qui a allongé la partie inutilement.
Pour le reste, je pense que le jeux passe très bien sur la tranche d'âge 10-15 ans par exemple, mais au delà ça peut dépendre des goûts. Si vous adorez les jeux du type "Time's up" ceci dit, ce jeu a de fortes chances de vous plaire.

Yadédéfauts?
Certains mots sont complexes à faire deviner en mime (allez faire deviner le mot "stress" par exemple...) ou en pâte à modeler, et le nombre de mots à cumuler pour évoluer et passer au mode de communication suivant fait que notre partie peut s'éterniser, surtout si les "Powa" sont utilisés à tord et à travers. Je recommande donc de sévèrement limiter ces derniers (une seule utilisation par partie, ou uniquement pour la tribu qui a du retard sur les autres, comme l'une des variantes des règles le propose). Pour notre part, nous n'avons pas du tout utilisé ces "Powa".

En outre, les gimmicks de certaines tribus sont assez lassants à la longue : je recommande de ne pas en abuser (les règles indiquent une fois en début et en fin de tour de jeu, perso je limiterais à une fois en début et basta).

Le défaut majeur à mon sens est donc la difficulté de certains mots : la règle prévoit de pouvoir passer une carte, pour ma part, je ne limiterais pas à une seule.

Bilan
Certainement un jeu assez fun, mais plutôt adapté pour un public ado, qui aime les jeux type Time's Up et qui lit correctement les règles, comme un homo sapiens évolué et pas comme un certain Hérisson qui saute des phrases essentielles au bon rythme du jeu. Hum.

Ah et au fait, tant que j'y pense, Bioviva lance ce mercredi un grand jeu-concours en ligne sur http://cromagnon-bioviva.com/fr avec des séjours préhistoriques à gagner!


Mmm! Le jeu du chat et de la souris...

Hmmmmm!

Oui alors c'est vrai, la tronche de la souris sur la boite de jeu fait limite flipper, j'avoue.

Un jeu de l'éditeur Matagot, et destiné aux plus jeunes (il se joue aisément à partir de 4-5 ans, mais qui pourra plaire aux adultes aussi, ce qui est tout de même bien sympa quand les gnomes vous demandent de jouer avec eux alors que vous n'avez envie que de buller un peu...
Restons zen...

Principe du jeu
Ce jeu se joue en mode coopératif, il s'agit d'une variante du jeu du chat et de la souris : la souris vole dans le garde manger tandis que le chat tente de les attraper.
Un chat, une souris... chabadabada chabadabada ♪ ♫ lalala chabadabada ♫ ♪

Le jeu se compose de trois dés, de jetons en carton et d'un plateau de jeu à deux faces, ce qui offre deux niveaux de jeu possibles. Le plateau figure un garde manger garni d'un certain nombre d'aliments (fromage, concombre, pain, carotte) découpés en un nombre variable de cases (de 2 à 5). Sur le côté le plateau comporte également une piste de progression pour le chat vers ce garde manger.
Toi aussi, apprends à tes gnomes à manger des concombres et des carottes...

Le but est, pour les souris que vous êtes, de chaparder toute cette nourriture avant que le chat de la maison ne vous tombe dessus. Le système est simple : vous disposez de trois dés dont les faces comportes des représentations de ces aliments. A son tour de jeu, chaque joueur lance les dés. A chaque lancé, il peut placer un ou plusieurs de ces dés sur les cases aliment identiques (fromage sur fromage, pain sur pain, etc...). Il faut au minimum placer un dé par lancé, les autres pouvant être relancés. Lorsqu'il n'y a plus de dés à lancer, on remplace les dés par des pions en cartons pour marquer ce qui est pris. Si toutes les cases d'un des aliment sont recouvertes : le chat n'avance pas, et on passe au joueur suivant. Si aucun aliment n'est complètement recouvert, le chat avance d'un  case vers le garde manger. Si les joueurs parviennent à tous prendre avant que le chat n'arrive dans le garde-manger, c'est la victoire collective, sinon, c'est la défaite.

Bonméducoucésympa?
Le jeu est très simple à appréhender, et donc facile à prendre en main pour des petits (à partir de 4-5 ans, ils gèrent très bien sans aide). L'intérêt c'est que le jeu est assez fun même pour les adultes (la part de hasard fait qu'il y a quand même un challenge) : du coup, on peut s'amuser avec les enfants et s'enquiller deux ou trois parties sans s'ennuyer.

Yadédéfauts?
Bin, c'est un jeu de dés quoi, on est donc tributaire du hasard. Le niveau de difficulté est bien calibré, et en ayant un minimum de stratégie (genre laisser avancer le chat au début pour placer des pions sur les aliments ayant beaucoup de cases à couvrir) on peut gagner assez facilement, mais la malchance peut frapper tout de même et le chat vous tombe parfois dessus... pour peu que vos gnomes soient mauvais perdant, ça peut virer au drame. N'est-ce pas Xéna ma fille?
"–Que... ce... mais... on a perdu là? Ouh purée, ça va chier des bulles!"

Bilan
Un bon jeu à garder dans votre ludothèque pour les longues après-midi pluvieuses si vous avez de gnomes de 4 à 7 ou 8 ans.

Qwixx, le jeu où l'on tire un coup vite fait. Un coup de dés je veux dire...

Quicks, ça veut dire rapide en anglais. C'est pour dire que c'est jeu qui se joue en assez peu de temps quoi...

Mais en fait, ça ne se joue pas en si peu de temps que ça...


de l'éditeur Gigamic, il s'agit d'un petit jeu de dés assez simple entre le Yams et le Bingo, consistant à remplir stratégiquement des grilles en lançant des dés...
"–Dédé? Dédééééééé!"

Principe du jeu
Le jeu se compose de 6 dés : 2 dés blancs et 4 dés colorés (1 rouge, 1 jaune, 1 bleu et 1 vert), et de grilles avec des chiffres dans des lignes des mêmes couleurs (rouge, jaune, bleue et verte).

A son tour de jeu, chaque joueur lance les 6 dés, puis annonce la somme des dés blancs. Chaque joueur peut alors s'il le souhaite cocher ce chiffre dans l'une de ses lignes. Le joueurs actif peut quant à lui également choisir le cumul d'un des dés blanc avec l'un des dés colorés et le cocher dans la ligne correspondante.

MAIS ATTENTION : les lignes doivent être remplies dans l'ordre de la gauche vers la droite (les rouge et jaune vont de 2 à 12, les bleue et verte de 12 à 2). On peut sauter des cases, mais on ne peut pas revenir en arrière une fois un chiffre coché. Le but du jeu est d'avoir un maximum de case cochées dans chaque ligne : la dernière case (2 ou 12, selon la couleur) cochée verrouillant la ligne (on retire le dé de la couleur idoine). Vous n'avez rien compris? Pourtant c'est simple...
"–Et le numéro complémentaire est le..."
Le hasard joue donc un rôle, mais il y a aussi une part de stratégie : cocher tout ce qui tombe d'entrée de jeu quitte à sauter des cases et risquer de se retrouver bloquer à un moment, ou attendre les bons chiffres au risque de voir la ligne verrouillée par un autre joueur avant d'avoir pu cocher un nombre valable de cases...

Bonméducoucésympa?
Le jeu est amusant pour occuper une petite demi-heure, et même mes gnomes (6 et 7 ans) apprécient une partie de temps en temps. L'intérêt est que ça leur apprend à faire des additions (bin oui, faut additionner deux dés systématiquement).

Bilan
Un petit jeu qui prend peu de place et peu se jouer partout en une petite demi-heure. Facile à emmener en voyage pour tuer le temps.
Bon, sinon y aussi cette technique, c'est sur...

lundi 21 août 2017

Crédit à la con, sot!

Aujourd'hui, j'ai envie d'aborder un sujet que certains d'entre toi, cher lecteur, a peut-être vu passer brièvement dans la presse. Oui, alors bon déjà, tu sais que quand je commence à te tutoyer, c'est qu'en général je suis un chouïa chafouin. Et là, en effet, chafouin je le suis, il faut bien l'admettre. Car lorsque j'ai lu ceci, mon sang n'a fait qu'un tour :
J'te raconte pas quand les huissiers vont débarquer... on va prendre cher.
Alors bien sur, on ne parle pas d'un crédit à la banque hein, c'est un "crédit" sur les ressources naturelles disponibles (matières premières, ressources végétales, eau, nourriture, etc...). Si vous êtes un minimum anglophone, cette vidéo vous expliquera plus précisément de quoi il retourne :


Et sinon je vous résume l'idée : en 8 mois, l'espèce humaine a consommé les ressources que la planète met un an à constituer. Donc, depuis le 2 août, tout ce que nous consommons dépasse les capacités de renouvellement de la Terre et on vit à crédit sur les ressources que la planète va constituer l'année suivante. Mais  comme on parle d'un calcul annuel, que ça fait des années que ça dure, et que la date butoir avance sans arrêt, on peut considérer que ce sont déjà des années voire des décennies de crédit que nous nous trainons. Voilà voilà...

Bon alors évidemment, c'est assez abstrait : ce genre de crédit ça ne se visualise pas sur le relevé de banque à la fin du mois (encore que... mais je vais y revenir), et aucun huissier ne va venir toquer à la porte pour saisir votre écran plasma trouzmille pouces et votre Touingo® dans les jours qui viennent...
*knock knock*
"–Bonjour, maître Xl@rghµh$$%, huissier de justice inscrit au greffe de Zeta de la Reticule, je viens pour le recouvrement du crédit..."
Et pourtant, d'une façon ou d'une autre, vous avez déjà commencé de payer. Vous ne l'aviez pas remarqué? Pourtant... vous payez bien vos factures d'eau? C'est-à-dire que vous payez pour le traitement et le retraitement des eaux, afin de pouvoir disposer d'eau potable pour boire, et accessoirement faire votre vaisselle, laver votre voiture, ainsi que votre petit pipi et votre gros caca (puisqu'il n'y a qu'un seul réseau d'eau courante, tout ça c'est avec de l'eau potable, et oui...). Enfin, quand je dis pour boire, ça dépend puisque nombreux sont ceux qui préfèrent payer l'eau à boire sous forme de bouteilles plastiques, bien plus chère, et joyeusement infusée de matière plastique puisque les bouteilles sont thermoformées et remplies dans la foulée avant même leur refroidissement...


Mais ce n'est pas tout : logiquement vous payez aussi une taxe sur les ordures (directement si vous êtes propriétaires, ou indirectement dans vos charges si vous êtes locataire). En attendant peut-être de payer une taxe sur l'air que vous respirez (parce que bon, voilà quoi, à ce rythme, il va bientôt falloir le filtrer pour le respirer hein...). Lorsque vous achetez votre voiture, vous payez une taxe pollution sur la carte grise, plus tout un tas de taxes sur l'essence consommée par la suite. Vous visualisez ces villes de science-fiction (Blade Runner ou autre) qui ressemblent a des mégalopoles tentaculaires sans verdure, pleines d'immeubles immenses et dans lesquelles les habitants se baladent avec des masques à gaz? Ne rêvez plus, ça n'est plus de la science-fiction, ça existe déjà à Mexico, Tokyo, Hong Kong,Shanghaï et tant d'autres. Seules les voitures volantes sont encore du domaine de la fiction. Le prix nous le payons aussi déjà sur le plan géopolitique : de nombreux observateurs s'accordent à dire que la crise en Syrie (pour ne citer qu'elle) trouve une large part de ses fondements dans le changement climatique lié à l'activité humaine.

Pour les ressources à proprement parler : le pétrole augmente de plus en plus, tout comme les métaux, ou la nourriture saine... Donc, techniquement, même si c'est presque invisible parce que vous y êtes accoutumé : c'est comme la fable de la grenouille... Oui, vous avez déjà commencé de payer ce crédit. De le payer certes, mais la dette elle-même ne pourra jamais être soldée : elle n'est pas sous forme monétaire...

Et ça ne semble pas parti pour s'arranger, vos descendants risquent de douiller encore plus sévère, et pas que financièrement : plus d'eau potable, plus de métaux, plus de nourriture saine et abondante, plus de bois, d'air pur à respirer, plus de plages de sable fin...

–De sable? Sans rire...

Sans rire. Ça ressemble au vieux sketch de Coluche sur les technocrates à qui tu files le désert et qui finissent par acheter du sable ailleurs, et pourtant... Le sable coquillier est un composant essentiel du béton. Béton qui sert à construire plein de trucs moches, et en particulier à bétonner les littoraux pour enrichir les promoteurs immobiliers. Sauf qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel sable : celui du Sahara ne conviendrait pas par exemple, il est trop rond et n'a pas la bonne composition : il faut du sable "coquillier", c'est à dire en partie issue de la dégradation des coquillages. Donc du sable de mer ou de plage. D'où l'exploitation sans vergogne de ce sable : il faut environ 200t pour construire une maison, 30 000t pour un km d'autoroute, et pour le mur de Trump je vous laisse imaginer...

Rien qu'au cours de quatres dernières années, la Chine a consommé autant de sable que les Etats-Unis en 1 siècle, et la tendance ne semble pas à s'inverser. Résultat? Des littoraux sont petit à petit rongés par cette surexploitation. Inutile de vous dire que l'écosystème qui vit sur ces littoraux n'est pas à la fête.


–Ah ouaih, à ce point.

Et oui. Donc profitez bien de la plage avec vos enfants, il est possible que cela ne dure pas. Ah, et puis il y a aussi les forêts primaires comme celles de la Malaisie ou de l'Indonésie que l'on détruit, souvent par le feu tant qu'à faire n'importe quoi, pour planter à la place des palmiers à huile afin de fabriquer (entre autres) du Nutebwaaah®, et tant pis pour les orang-outans qui y vivent. Ou encore les écosystèmes détruits pour l'exploitation du gaz de schiste par la fracturation hydraulique... Y en a un peu plus, je vous le mets avec?

Donc quand on parle de "crédit", c'est plus une dette que vous collez sur le dos de vos enfants/petits enfants, et qu'ils ne pourront jamais solder. Pour prendre une analogie, c'est un peu comme si vous fracassiez la tirelire-cochon de Jean-Kevin, 5 ans, pour lui chaparder ses quelques euros afin de vous offrir le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® (qui tombera en panne dans 6 mois ou aura son écran pété dans 15 jours) : certes vous avez le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®, mais vous venez de faire les poches d'un mioche de 5 ans, ce qui fait de vous un gros rabouin sans scrupules. Sauf qu'en plus après avoir fracassé la tirelire cochon, vous avez aussi uriné sur les murs, et vidé les poubelles du quartier dans sa chambre. Car au-delà la consommation des ressources, il y a aussi un problème de déchets.

–Ah oui, j'ai vu ça... il parait que chaque français produit en moyenne dans les 350 kg de déchets par an...

350kg? Presque. Mais en fait non. Nous sommes plus proches de 14 tonnes par français (et j'imagine que le score d'un américain n'a rien à lui envier). 354kg, c'est juste le poids de nos ordures ménagères. C'est en quelque sorte la partie visible de l'iceberg. Mais bien avant que la boite de raviolis que vous venez de vous enfiler n'arrive dans votre poubelle, sa fabrication a déjà produit une bonne quantité de déchets, aussi bien pour fabriquer le contenu que le contenant. La partie cachée de l'iceberg, ce sont donc tous les déchets produits EN AMONT, générés par l'industrie. Afin de fabriquer, par exemple, ce merveilleux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® qui fait moins de 500g, l'industrie a produit 75kg de déchet en amont.
L'emmerdant dans tout cela, c'est que le Titanic c'est notre planète...

Bien sûr, sur ces 14t, certains déchets ont un impact limité (vos épluchures de carottes ne vont guère porter tort à la planète), mais d'autres ont un impact plus... durable : les déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires qui vont servir à recharger votre iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® ont pour certains une activité nocive pendant des centaines de milliers d'années... c'est sympa hein?

Pour que vous visualisiez bien le truc, 14t, c'est la masse d'une pelleteuse de belle taille. Par an. Par français. Sachant que nous sommes environ 67 millions. Donc, 67 millions de pelleteuses. Si vous avez une quarantaine d'années (âge médian en France) : il suffit de multiplier pour imaginer la masse de déchets accumulés (ok, je dois exagérer un peu car le volume de déchet n'est pas forcément stable depuis 40 ans hein...). Mais je ne parle que de la France. Alors certes, l'Ethiopien moyen doit être plus proche de la brouette que de la pelleteuse, mais l'américain moyen (ils sont environ 300 millions je le rappelle) est sans doute plus proche du semi-remorque...

Oui. Une pelleteuse par an.
Ce qui est extraordinaire, c'est que même en le sachant (je rappelle que plusieurs articles de presse ont évoqué cette histoire de "crédit" sur les ressources de la planète hein!) on continue comme ça. Même dans les films on en parle, comme par exemple Hugh Laurie dans le film "A la poursuite de demain"... dommage, il y a incarne le méchant...


Au contraire, tout le monde nous rebat les oreilles du PIB, de la production industrielle et de cette fameuse "croissance" (supposément infinie visiblement, la planète Terre doit être connectée à d'autres dimensions je suppose) qui doit mettre sa misère au chômage, sauver le pays et faire revenir l'être aimé en moins de 48h : la presse, les dirigeants représentants politiques (oui : on n'élit pas des gens qui nous dirigent, mais des gens qui nous représentent. En théorie... si si, c'est écrit dans la constitution. Ça peut sembler être de l'enculage de mouche la sodomie de diptères, mais les mots ont leur importance, et à nous balancer sans arrêt du "dirigeant" à toutes les sauces, les médias accréditent l'idée que nous leur devons obéissance, alors qu'en fait... non pas trop), et tout un tas de gens très intelligents. Et vous êtes priés de les croire puisqu'ils sont plus intelligents que vous. Eux-mêmes vous le disent, c'est bien la preuve.
Ou si vous préférez : vous êtes trop cons pour comprendre, alors laissez faire les gens intelligents sans vous poser de questions. Merci. Bisous. Ah, au fait, on va ouvrir les magasins le dimanche pour augmenter la croissance.

Et tous en mode "TINA" ("There Is No Alternative" = Il n'y a Pas d'Alternative, célèbre formule thatchérienne qui nous explique gentiment que t'es bien gentil avec tes gros sabots d'écolo-bobo-gaucho-socialo-humaniste, mais que, en gros, tu vas pouvoir t'asseoir sur tes jolies convictions et tourner) s'il vous plait, pour bien nous faire comprendre que l'économie de marché libérale qui pollue et consomme des ressources en mode RAF ("Rien A Foutre")  est la seule fucking solution. Ou comment foncer droit dans le mur en klaxonnant. Quelque chose me dit que certains ont dû louper quelques barreaux en gravissant l'échelle de l'évolution...
"–Bon, demi-tour les mecs, on s'est planté..."

Evolution au sommet de laquelle nous sommes censés être parvenus justement... Je vous mets une photo d'Hanouna ou d'Eric Zemmour ou ça ira?

Juste pour rappel, l'espèce humaine existe depuis environ 15 millions d'années si on considère l'apparition des tous premiers hominidés. Et si l'on s'en tient à l'Homo Sapiens, c'est tout juste 315 000 ans environ. Et durant cette période, nous avons réussi à... euh... fabriquer des iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®? A titre de comparaison, les fourmis (vous visualisez bien hein : les petits machins avec des antennes qui vivent dans des fourmilières et que vous essayez de zigouiller à grands coups d'insecticides quand vous en avez trop près de votre garde-manger...) existent depuis 100 millions d'années environ, et ont survécu à 4 ou 5 extinctions massives dont la Grande Extinction de la fin du Crétacé (mais siiii, vous savez, la disparition des dinosaures!). Et vous savez quoi? Je suis presque certain qu'elles survivront également à la prochaine Grande Extinction... celle que nous sommes en train de déclencher. Par contre, quelque chose me dit qu'il n'est pas certain que l'espèce qui se trouve "au sommet de la pyramide de l'évolution" y survive à celle-ci...

A ce stade, je pense que les crânes d’œufs experts du Global Footprint Network (l'institut de recherches international établi à Oakland,Californie, et qui réalise le calcul du fameux indicateur de la date du crédit sur les ressources naturelles du début de cet article) s'arrachent tellement les cheveux que la plupart d'entre eux pourraient postuler à un job de mascotte chez Matines.
Image de la dernière réunion des experts du Global Footprint Network

–Bon, ok, mais au pire si on salope trop la planète, on ira s'installer ailleurs, non?

Hum. Il n'y a aucune autre planète habitable en l'état dans le système solaire. Et ailleurs bin... on n'en sait trop rien, mais d'façon on s'en cogne : dans le meilleur des cas il nous faudrait minimum 20 000 ans pour atteindre la plus proche en supposant qu'elle soit en orbite de l'étoile voisine. Sinon ça serait encore plus long. 20 000 ans de voyage. VINGT. MILLE. FUCKING. ANNEES!!!! Pas de planète "B", pas de plan B. TINA. There Is No Alternative. Nada. Macache bono. Que dalle. Niente. Nothing. Rien.

–Et Mars alors? J'ai entendu dire que le milliardaire sud africain là... Elon Musk, il voulait coloniser Mars.

Je reprends pour les deux du fond : aucune. Autre. Planète. Habitable. Dans. Le. Système. Solaire. Mars ne fait pas exception. En l'état, Mars, c'est ça :
Ça envoie du rêve...

Du sable et des cailloux. De l'eau : c'est pas sûr. Pas beaucoup dans le meilleur des cas. Mars fait un tiers du diamètre de la Terre et n'a aucune végétation ni  cours d'eau. La température en surface oscille joyeusement entre -133°c et -3°c (avec une moyenne à -63°c), et la pression de l'air est d'environ un centième de celle de la terre. Moins qu'au sommet de l'Everest. Et bien sûr il n'y a pas d'oxygène dans l'atmosphère. Autant dire que la tenue de plage des touristes sera plus proche de ça :
"–Pinaise! Et dire qu'on nous chié une pendule pour quelques burkinis..."

que de ça :
"–Pinaise... et dire qu'on nous a chié une pendule pour quelques claquettes-chaussettes..."

Et la maison sur Mars plus proche de ceci :
"–Pinaise! Quel est le porc qui a encore oublié de fermer la porte des cabinets?"
que de cela :
"–Pinaise! Qui a laissé le robinet de la baignoire ouvert?"

Si vous avez déjà du mal à supporter Franck Dubosc dans "Camping", imaginez la même chose en vase clos pendant 20 ans...

–Oui bon bah, on la rendra habitable Mars hein!

La terraformation? Bah pourquoi pas hein... Sauf que le processus a de bonne chance de s'échelonner sur des siècles voire des millénaires et qu'en attendant, les colonies martiennes seront tributaires des ressources de la Terre. Et j'ajouterais que tenter de rendre une planète inhabitable habitable alors même que nous sommes en train de faire l'inverse, c'est à dire rendre une planète habitable inhabitable, ça s'apparente quand même vaguement à du foutage de gueule. Avant de tenter de transformer un Kart à pédales en Traban, ça serait sans doute pas mal d'apprendre à faire au moins la vidange de la Rolls Royce...

–Misère... et on fait quoi alors puisque tout le monde s'en fout?

On fait blit. Et on essaye, à son échelle, de diminuer son impact autant que possible :
  • réduire ses déchets : en sélectionnant les produits avec le moins d'emballage possible par exemple. Idéalement, pas d'emballage du tout. L'emballage, c'est une triple arnaque : tu payes le déchet qu'il constitue dans ta taxe ordure ménagère, tu pollues, et la fabrication de l'emballage lui-même génère des déchets et de la pollution en amont (raffinage des produits pétroliers pour les plastiques, abattage des arbres, etc...). Privilégier les emballages réutilisables (verre par exemple) et/ou recyclable facilement (carton). De plus en plus d'épiceries (bio ou non) et même des grandes surfaces proposent des produits "en vrac" (faut juste prévoir des récipients ou des sacs).
  • éviter de succomber aux sirènes du marketing : le dernier iphoune8X-mega-HD-de-la-mort® est sûrement très joli, mais celui que vous avez fonctionne encore très bien, et vous n'en aviez déjà pas super besoin... et si vraiment vous ne pouvez pas résister, voir le point qui suit.
  • le marché de l'occaz existe, se porte bien et est facile d'accès à l'ère d'internet. Il présente un double avantage : c'est moins cher, et cela évite de générer de la surconsommation nuisible à l'environnement et à l'éthique (songez aux chtites nenfants qui travaillent dans les mines de coltan au mépris de leur santé pour y extraire le précieux minerai permettant la fabrication de ce fameux iphoune8X-mega-HD-de-la-mort®...
  • ne gaspillez pas l'eau : ne la laissez pas couler inutilement, utilisez des bassines pour la récupérer et arroser vos plantes avec par exemple. Il existe aussi des embouts de robinet permettant de réduire votre consommation d'eau. La douche quotidienne n'est peut-être pas nécessaire : de nombreux dermatologues estiment que l'excès d'hygiène est mauvais pour notre santé. En plus, vous diminuerez votre facture d'eau.
  • réduisez votre consommation d'électricité : combien d'appareils n'auraient pas besoin de fonctionner en permanence chez vous? N'oubliez pas qu'un appareil en veille consomme aussi de l'électricité! De la même façon, tout bloc d'alimentation (transfo) branché sur une prise consomme aussi de l'électricité même si aucun appareil n'y est raccordé!!! Oui, car un transfo contient un système avec des bobines qui permet de "transformer", d'où le nom, la tension électrique en l'abaissant pour les appareils qui ont besoin d'une faible tension. Le problème, c'est que ce transfo fonctionne dès lors qu'il est branché, et cela qu'un appareil soit connecté de l'autre côté ou pas. On débranchera donc les transfo non raccordé, ou on utilisera des prises avec interrupteur pour stopper totalement l'alimentation. Encore une fois, outre l'avantage écologique de réduire sa consommation, vous y trouverez un avantage financier...
  • sachez aussi qu'il existe des fournisseurs d'électricité qui garantissent que leur production vient de sources renouvelables (solaire, éolien, etc...) : Enercoop, Lampiris, et d'autres. Attention cependant, certains sont des filiales de groupes plus... discutables, tels que Total.
  • dans vos achats, essayez de privilégier les produits locaux autant que possible : rien à voir avec un quelconque patriotisme économique à l'heure où l'usine voisine peut très bien appartenir à un groupe du Qatar ou de la Chine, c'est juste pour minimiser les transport et donc l'impact écologique de ce produit. Au delà de ça, un achat local tend à favoriser l'économie locale hein...
  • arrêtez de faire des gosses, on est déjà trop nombreux. Faites des crêpes plutôt, c'est bon les crêpes.
  • Recyclez, réparez, rafistolez, récupérez. Ainsi l'a dit Mac Gyver dans le psaume... euh... De façon générale, évitez de gaspiller : aussi bien en matière alimentaire que pour les biens dits de consommation.
Et surtout : arrêtez d'être des moutons. Utilisez votre fucking cerveau : réfléchissez à ce que vous faites! Documentez-vous! Des solutions existent... Le futur ne sera sans doute pas radieux, mais on peut encore faire qu'il y en ait un... peut-être.