samedi 12 mai 2018

L'abeille coule, l'abeille coule, l'abeille coule...

Punaise! Ce qu'il est poussiéreux ce blog! Faudrait que j'y passe plus souvent quand même...

–Je ne vous le fais pas dire!

Dites donc! Je suis le proprio ici, je fais bien comme je veux quand même! Naméo! Bref, avant que je ne trouve quelques minutes pour vous narrer la suite de l'affligeante série Shannara, nous allons causer un peu de trucs plus triviaux, tels que :

  • biodiversité
  • bestioles à 6 pattes
  • métiers du bâtiment
  • survie du genre humain


Vous l'aurez deviné nous allons parler d'abeilles, et pour être totalement précis, d'abeilles maçonnes.

Avertissement liminaire : cet article ne contiendra aucune blague ni stéréotype pétris de beaufitude sur les portugais et les espagnols bien que nous parlions d'abeilles "maçonnes". N'insistez pas, c'est inutile. Merci.

Coucou!!!
L'abeille maçonne ? Est-ce pour faire construire votre terrasse au black sans hypothéquer un testiboule en frais de maçon? Pas du tout : c'est parce qu'on peut en adopter depuis la réussite du financement participatif sur Ulule de la BeeHome. L'objectif est double, voire triple :

  1. permettre de sauvegarder l'espèce
  2. favoriser la pollinisation de votre potager et de vos arbres fruitiers en particulier
  3. c'est très didactique : on peut les observer travailler

Le financement est clôt, mais vous pouvez commander une BeeHome sur le site abeillessauvages.fr. Et ça tombe bien, c'est ce qu'a fait maman Koala pour mon anniv'.

Bon, ok, mais pourquoi des abeilles "maçonnes"? C'est quoi la différence?

Bon. Quand on vous parle d'abeilles, je pense que la première chose qui vous vient à l'esprit, c'est ça :
Chouette! Du miel!
Logique puisque les humains s'intéressent en général à ce qui peut leur rapporter quelque chose, en l'occurrence du miel. Les abeilles mellifères (qui produisent du miel) sont des insectes dit sociaux. Elles vivent donc en colonies (les ruches) d'ouvrières asexuées sous la direction d'une reine, seule reproductrice du groupe si l'on excepte les quelques mâles destinés à la féconder. C'est donc un matriarcat.
Oui, le matriarcat, c'est cool.

Pour information, on a trouvé une abeille primitive fossilisée dans l'ambre datant de 100 millions d'années (période de l'apparition des premières plantes à fleur), et il existe des traces d'abeilles très similaires à celles que nous connaissons vieilles de 70 millions d'années. Ce qui veut dire que ces p'tites bébêtes volantes ont allègrement survécu à la grande extinction de la fin du Crétacé.

–La quoi?

La disparition des dinosaures si vous préférez.

Bref, si je résume, les abeilles mellifères fonctionnent en mode startup : la pédégère dirige les ouvrières qui ne comptent pas leurs heures pour :

  • fabriquer les alvéoles
  • collecter du pollen et du nectar
  • produire du miel et de la propolis
  • s'occuper des larves
Lorsque la ruche startup devient trop peuplée staffée, Jean-Michel de la compta prévient Jean-Paul des ressources humaines afin d'en aviser la pédégère lors d'une conf call avec quelques slides. Suite à un Benchmark, cette dernière décide alors de produire une nouvelle reine nommer un de ses cadres pour aller fonder une nouvelle franchise de la startup dans un autre open space histoire de disrupter un peu plus loin.

L'abeille maçonne, elle, est une abeille solitaire...
Lucky Bee, l'abeille qui bzzzzz plus vite que son ombre.
Solitaire, ça ne veut pas dire qu'elle pratique l'onanisme bande de petits fripons! Ça signifie que cette abeille là ne vit pas en ruche travaille pas en startup, mais fait dans l'autoentrepreneuriat. Pas d'ouvrière, de soldates, de reine, etc... chaque abeille maçonne est une femelle ou un mâle complètement sexué•e (comment j'te place le point médian pour l'écriture inclusive tavu!), produisant ses œufs et sa propre lignée génétique. L'abeille solitaire, c'est un peu le punk à chien zadiste des abeilles.

Comme ses cousines les abeilles mellifères, l'abeille maçonne passe une bonne partie de son temps à récolter du pollen et du nectar, pollinisant ainsi les plantes environnantes (ce qui permet par exemple aux arbres fruitiers de produire des fruits à partir de leurs fleurs : sans insecte pollinisateur, pas de fruits). En revanche, elle ne produit pas de miel.

A l'état naturel, l'abeille maçonne s'installe dans un petit studio insalubre tunnel (bois creux ou autre), à proximité d'une source de nectar et de pollen, ainsi que d'une réserve de boue ou d'argile. Une fois le lieu choisi, elle stocke du pollen et du nectar dans ce tunnel, y pond un œuf, puis bouche l'entrée en fabriquant un mur de boue pour protéger sa future progéniture. Au bout de 2 à 5 semaines (dans de bonne conditions de température), l’œuf éclot et la larve s'empiffre alors la réserve de nectar à sa disposition avant de tisser son cocon en vue de sa transformation en abeille adulte (en une quinzaine de semaine théoriquement, mais elle restera en cocon durant l'hiver : les insectes ont en effet le sang, enfin l'hémolymphe, froid et sont donc inactifs en hiver, on dit qu'ils tombent en diapause).

Les suisses à l'origine de la Bee Home proposent donc tout bêtement de vous envoyer un petit abri à abeilles dont la partie centrale, amovible, est constituée de tubes de bambous parfaitement adaptés aux abeilles maçonnes.
HLM pour abeilles

Ils vous fournissent également un tube contenant une vingtaine de cocons, prêts à éclore lorsque la température est adaptée. Dès lors, les p'tites bébêtes vont passer leur temps à bzzzbzzzter dans le secteur pour collecter du nectar et construire des murs dans leur demeure.
Sur cette photo, on voit distinctement Mireille, abeille maçonne, visiter un appartement disponible tandis que deux autres sont déjà murés.
Cerise sur le gâteau : l'abeille maçonne ne pique pas (bon, théoriquement la femelle a un petit dard, mais faudrait vraiment la faire ch... pour qu'elle s'en serve, et la piqûre serait sans gravité) et ne s'intéresse ni à la nourriture humaine, ni aux boissons sucrées.

Très intéressant à observer, on peut les voir monter leurs murs au fur et à mesure : chaque tube va accueillir plusieurs chambres successives, dont on peut observer le colmatage petit à petit.
On peut observer ici Jean-Luc de retour du Leroyrama le plus proche avec son chargement de parpaings

Alors certes : la BeeHome n'est pas donnée. Du coup, ses créateurs (suisses) proposent actuellement en financement participatif la BeeBox pour une somme plus raisonnable.  En gros, c'est comme la BeeHome, mais sans l'armature de protection qu'il vous faudra éventuellement bricoler vous-même (ce qui ne devrait pas être trop compliqué si vous êtes un minimum bricoleur) : vous avez juste la boite de logement centrale. Il reste encore 8 jours pour participer à ce crowdfunding, donc n'hésitez pas, c'est l'occasion.


Des questions ?

Oui, moi : est-ce que je dois déclarer mes abeilles maçonnes à l'urssaf?
►Ça dépend : si votre "abeille" est en train de couler une chape maigre et se nourrit de sandwichs jambon-beurre, je vous le recommande oui...

Elles ne font même pas de miel? Ça ne serait pas un peu des grosses feignasses vos abeilles suisses là?
►Franchement? Elles n'ont pas la sécu, ni les congés payés et font tout le boulot toutes seules (autoentrepreneurs je vous dis!)... alors bon, elles n'ont pas vraiment le temps de buller m'voyez...
"–Oui, bon, bah, j'm'accorde une tite pause quand même..."

C'est quoi l'intérêt?
►Ça fait "bzzzzz". Ça pollinise vos plantes.

Des abeilles "sauvages"... elles seraient pas un peu anarchistes vos abeilles?
►Si. Carrément. C'est les punks à chien des abeilles. NDDL powaaaa!

Vous savez répéter "L'abeille coule" à 20 reprises très vite sans vous tromper?
►Oui. Fastoche. L'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule l'abeille coule.

Pourquoi soutenir un projet consistant à sauver des abeilles sauvages plutôt que des abeilles mellifères?
►Parce que c'est un beau PROJEEEEEEET!

Nan mé lé zinsektes onsenfou! sa serre arien! sa a plin de pate é cé dégueu!
►J'ai envie de dire...
Parce que selon une récente étude, en Europe près de 80% des insectes auraient disparu au cours des 30 dernières années. or, outre leur fonction de pollinisateurs sans lesquels l'approvisionnement en fruits et légumes risque de devenir problématique, les insectes forment aussi l'un des premiers maillons de la chaîne alimentaire : si les insectes disparaissent, leurs prédateurs disparaissent aussi... et ainsi de suite. Jusqu'à nous. Si si. Du coup, si on peut déjà en sauver quelques uns...

C'est quoi le rapport entre les abeilles et Papa Hérisson?
►J'aime les trucs qui piquent.

dimanche 8 avril 2018

Shannara... té!

Alors oui, bon, je sais déjà ce que vous allez dire : "Gna gna gna... il pond même plus un article par mois, c'est une honte... et patati et patata...". Ce à quoi je vous répondrai : "Hé ho hein bon! Je fais bien ce que je veux naméo!", et là vous allez insister, et ça va mal se finir...
Ça vaudra mieux pour tout le monde.

Et en plus, ça va même pas être un article qui va voler très haut, car on va parler série télé. Si si. Et non, je n'ai toujours pas la télé. Mais j'ai internet. Oh et puis arrêtez d'ergoter! Je vais donc vous parler d'une série fantasy (ces trucs avec de la magie, des trolls, des morts-vivants), tirée d'une série de bouquins assez connus qui suit les pérégrinations de plusieurs générations de héros confrontés à des forces indicibles et maléfiques. Y a du sexe, du sang et des morts. Et de la magie. Les personnages principaux sont un beau jeune homme idéaliste, un bâtard visiblement, mais à l'ascendance empreinte de mystère, une princesse belle et rebelle qui...

"–Nooooon!? Sans déconner? Tu vas causer de Game of T..."

Non, pas du tout. De toutes façons, je ne vois pas bien ce qu'il y aurait à dire sur cette série, qui a certainement ses défauts, mais qui reste plutôt bien ficelée dans l'ensemble. Non, là je parle d'une série qui ne se contente pas d'être honorable.

"–Ah? Elle est super bien donc?"

Non. C'est même tout le contraire : elle est moisie au possible. Mais à tel degré que ça en devient formidable.

"–Euh... t'es sûr du coup?"

Oui. Chut. Nous allons donc causer de cet empilement de clichés stéréotypés assemblés en un scénario bancal et incohérent joués par des acteurs totalement dépourvus de charisme (ou qui s'en foutent) qu'est "Les Chroniques de Shannara".

"–Hein?"

Tenez, rien que l'affiche envoie déjà du rêve : pourquoi les greluches filles prennent-elle cette pose totalement pas naturelle, à part pour montrer leur c... leur dos , alors que les garçons ont une posture normale. On notera le talent du graphiste/photoshopeur qui a dupliqué les nuages comme un sagouin en haut de l'affiche.
Oui, l'affiche est déjà un bel exemple de stéréotypes, comme on le voit très régulièrement sur les affiches de blockbusters. Je trouve que ça en dit long sur le rôle de faire-valoir dévolu aux deux demoiselles de l'affiche. Autre exemple, prenez les Marvel les plus récents :
En haut la version officielle, en bas la même si les héros masculins prenaient les mêmes genres de postures que leur homologues féminines et inversement. Vous saisissez l'idée?


Bon. Shannara pour ceussezécelles à qui ça ne dit rien, c'est avant tout une série de bouquin de Terry Brooks, qui a eu pas mal de succès en son temps. Enfin il parait, car je vous avoue que je ne les ai jamais lus.

Brooks était un grand fan du Seigneur des Anneaux (le livre de Tolkien traduit en français avec les pieds, pas le film de Peter Jackson qui n'était pas encore sorti hein...) et a décidé de pondre sa propre saga de Fantasy avec des elfes, des nains, et tout le bastringue. Mais avec une petite subtilité cependant : c'est aussi un univers post-apocalyptique, c'est-à-dire qu'il se passe dans notre futur après une catastrophe non précisée (du moins dans la série) qui a conduit à la destruction de notre civilisation et à la mutation de l'humanité en différentes races (les elfes, les gnomes, les trolls, etc...) donc.

L'univers de Shannara a été décliné en une vingtaines de romans, plusieurs nouvelles, un guide, et une bande dessinée. On le voit : les auteurs de la série disposait donc de pas mal de matériel pour faire un truc qui avait de la gueule et un vrai scénario. Comme quoi on n'est jamais à l'abri de l'accident industriel.

Disons-le tout de go, ils auraient pu rater deux-trois trucs et que ça soit quand même pas trop mal. Mais là, il semble y avoir eu une sorte d'acharnement à rater consciencieusement chaque scène, grâce à une subtile alchimie entre :
  • un casting principalement constitué d'ados au charisme de vieux chewing gum collé dans le métro
  • un scénario presque aussi palpitant et imprévisible qu'une élection en Russie
  • et un empilement de clichés si élevé que la station ISS doit périodiquement changer d'orbite pour éviter de se le cartonner
Bref : si vous êtes amateur de nanard, c'est une pépite. Et sinon, on peut le voir comme une bonne série humoristique, il suffit d'ajouter quelques rires enregistrés.

La série n'a connu que deux uniques saisons, les producteurs ayant préféré arrêter les frais aux vues du résultat.

Mais tout de suite, spoilons un peu. Et présentons tout d'abord brièvement les protagonistes histoire de s'y retrouver.

Wil Omsford Link. C'est sans doute le personnage principal de la série. Level 1 au début, on peut conjecturer qu'il atteint péniblement le level 2 à la fin de la deuxième saison. Et encore, grâces aux bonus d'artfacts. Dernier descendant des Shannara (ce qui donne son titre à la série), une puissante magie est censée couler dans ses veines, et il est donc, comme de bien entendu, l'Elu de la prophétie qui dit qu'il va sauver le monde.
Le sauveur du monde à l'aide du Triforce, et qui va conquérir le cœur de la princesse elfe Zelda.
Archétype même de l'adolescent à demi pubère, sa lèvre supérieure est ornée d'un demi-duvet laissant penser qu'il va se mettre parler d'une voix à moitié cassée par une mue à demi terminée afin de réclamer un scooter ou un I-foune®. Il a les oreilles à demi pointues et s'habille plutôt en vert demi-teinte : c'est un elfe. Enfin un demi (bon ok, en fait un quart d'elfe comme on le découvrira dans la saison 2, puisque sa mère est humaine, et que son père est déjà lui-même un demi-elfe).  Demi-elfe, mais aussi demi-crétin tant il traversera les deux saisons de cette série sans accomplir une seule action un minimum réfléchie. J'imagine que le bouillonnement de ses hormones conduit à de regrettables redirections sanguines privant par là-même son demi-cerveau du minimum vital d'oxygène pour remplir correctement ses fonctions. Bref, un ado ordinaire quoi.
"–Voyons, est-ce que j'ai pensé à fermer l'onglet Youporn avant de laisser l'ordi à maman?"

►Le druide Alanon Alakon. Ressemble plus à un gladiateur ou un guerrier qu'à un druide. Il est donc plus proche de :
Beuarrrrrh!

que de :
Non, pas toi Obelix, tu es tombé dedans quand tu étais petit.
Level 69, il possède donc le sort de peau de banane. On comprend vite qu'il vit depuis des siècles en se plongeant périodiquement dans une sorte de stase magique qui le régénère. Il est barbu, a les tempes et la nuque rasées, et arbore des sortes de scarifications en formes de runes visiblement magiques.
"–Je sais tout. Mais je ne dirais rien."
De prime abord, il est clairement omniscient car :
  • il a vécu des événements oubliés par le reste du monde et donc, il s'en souvient
  • il peut lire dans les pensées
  • il a lu le scénario connait les prophéties
Bref, il sait tout... mais il ne dira rien. Enfin, le moins possible car sinon ça pourrait éventuellement aider les héros et permettre de torcher l'histoire en moins de 30 minutes, ce qui serait ballot.

►La princesse Amberle Zelda. Petite fille du roi elfe. Son père (le fils aîné du roi donc) est mort des années auparavant dans des circonstances peu claires. Elle décide de devenir l'une des Élues de l'arbre magique, le Groficus, bien qu'aucune fille ne l'ait fait avant elle (notons qu'aucune loi ne l'interdit, c'est juste que... non, en fait on n'en sait rien, c'est comme ça).
Zelda (la brune) et sa meilleure amie, l'elfe Béhaifeff (la blonde) qui la console quand elle a une peine de cœur.
Bien qu'épaisse comme un coton tige anorexique, c'est une guerrière. Accessoirement elle est amoureuse de l'un des autres élus, un elfe insignifiant que nous baptiserons Bellâtre et qui est visiblement voué à mourir assez rapidement.
Comme vous vous en doutez, elle va bien vite tomber amoureuse de Link et de son charisme de concombre farci.
"–Je n'y peux rien... j'aime les concombres..."

►La vagabonde Eretria Chaudass. Deuxième jolie fille du casting après Zelda. Comme on s'en doute, elle est là pour constituer le triangle amoureux bien stéréotypé avec Link.
"–Ok je suis une vagabonde dans un monde médiéval post-apo, mais je veux des fringues en cuir moulant classes et du maquillage. Compris?"
Son ascendance est elle aussi mystérieuse : elle aurait été vendue enfant à un vagabond sans scrupules que nous appellerons Grotraitre, qui l'a entraînée et se sert d'elle pour ramener du butin. Bon, honnêtement, puisqu'il la laisse crapahuter dans la cambrousse, on ne comprend pas bien pour elle lui quémande sa liberté au lieu de juste se faire la malle sans autre forme de procès, mais bon... Comme on le découvrira par la suite, elle possède un mystérieux tatouage sur l'épaule, et semble avoir une étrange magie qui coule dans son sang. Elle semble liée elle aussi à la prophétie.

►Le méchant druide maléfique Dagdamor Pouftémor. Vous le savez, lorsqu'un personnage porte un nom en "or", c'est qu'il s'agit d'un flutain de gros méchant : 
  • Sauron de Mordor
  • Dark Vador
  • Voldemort
  • Mediator®
  • #Balancetonporc
Du coup, forcément, là ça ne rate pas : c'est un gros vilain. Et histoire qu'on n'ait pas le moindre doute sur la question, les costumiers et les maquilleuses lui ont fait une tronche de gros vilain bien stéréotypé : peau très pâle, piercings, tatouages et des yeux qui foutent les chocottes.
Amis gothiques qui me lisez, sachez-le : pour Hollywood vous êtes l'incarnation du mal. Surtout si par malheur vous vous appelez Victor ou Aurore.
Emprisonné dans une dimension parallèle avec tous les démons grâce au pouvoir du Groficus, l'arbre magique des elfes, il ne rêve que d'une chose : détruire le monde. Pour régner sur ses cendres. Oui, c'est complètement con de vouloir devenir le maître d'un caillou stérile, mais que voulez-vous... Et pourquoi est-il aussi méchant? Parce que. C'est à cause de... euh... du côté obscur de la magie. Voilà. Allez zou, circulez.

►Le roi Eventine Gimli. Roi des elfes de la cité de Gronarbre depuis un bon moment. Il a connu la grande guerre durant laquelle le dernier druide et la magie sont censés avoir disparu.
Oh! Bon! Sang! Mais c'est Gimli du Seigneur des Anneaux! (quelle déchéance, de nain à elfe...) Je comprends mieux où est passé le budget de la première saison : rien que son salaire a dû en bouffer les deux tiers...

Le roi Gimli a eu trois fils :
  • Le prince Onsenfout, le fils aîné de Gimli et père de Zelda. Mort des années auparavant parce que son petit frère, le prince Alcoolix était parti jouer à picoti-picota avec la capitaine des gardes en laissant la porte du palais ouverte derrière lui et que des gnomes facétieux en ont profité pour rentrer et planter un peu des dagues dans les gens. Quand je vous dis qu'on rentre dans ce palais comme dans un moulin...
  • Le prince Iznogoud, le deuxième dans l'ordre de succession. Il aimerait être calife à la place de son paternel qu'il prend pour un vieux fou sénile. Possède à peu près autant de jugeotte qu'un concombre de mer.
    Comment ça une gueule de traitre? Non mais dites donc...
  • Le prince Alcoolix, troisième et dernier fils de Gimli, dernier dans l'ordre de succession. S'en veut terriblement de son erreur qui a coûté la vie de son aîné, et a donc sombré dans l'alcool et la dépression. Du coup sa copine capitaine de la garde s'est barré et est à présent en couple avec son frère Iznogoud. Ou comment être l'incarnation même du looser.
    Il reste un peu de whisky?
►L'elfe Catania Béhaifeff. La meilleure amie de Zelda (sa BFF quoi). Est blonde et aussi gentille que stupide (faut dire que quand on s'appelle Catania, on attire les catastrophes) : elle serait du genre à ouvrir la porte des enfers en croyant appeler l'ascenseur. Comme on le verra, elle a de plus un goût discutable pour choisir ses petits amis. Un vrai cliché sur pattes.
"–Le démon? Ah bah oui, je l'ai laissé entrer... il m'a dit qu'il venait pour poser le compteur Linky..."

Les Chroniques de Shannara : saison 1 - Episode 1

Tout commence dans une forêt où Zelda est en train de galoper comme une furieuse en... comptant, les mains attachées dans le dos et les yeux bandés. Elle finit par se vautrer comme une merde, logique. Un autre elfe se pointe alors : c'est son oncle Alcoolix et nous comprenons alors que Katniss Zelda s'entraine pour participer au Hunger Games à la course des élus dans le but de devenir une sorte de gardienne du Grand Arbre Magique : le Groficus qui pousse au centre de la cité de Gronarbre. On notera donc que pour recruter leurs jardiniers, les elfes organisent des concours sous forme d'une course d'obstacle à l'aveugle, les mains attachées dans le dos et au cours de laquelle tous les coups sont permis entre les concurrents :
  • croche-pied
  • bousculade
  • coup de pied
  • tourniquet ukrainien
  • prise de krav maga
  • arrachage de poils de nez...
En résumé : ce peuple hautement développé et réputé très intelligent sélectionne donc les individus les plus retords et dépourvus de sens moral pour assurer la gestion de leur principal symbole. Un peu comme les élections en France dans le fond... c'est totalement cohérent.

Bref, de façon totalement imprévisible, oulala pfouu... Zelda parvient à remporter l'épreuve et faire partie des élus. Tous avec moi : "ça alors."

Pendant ce temps à Vera Cruz dans le village de Trouperdu, un blondinet à l'air niais et aux oreilles pointues, Link, est au chevet de sa mère mourante :
"–Link... mon petit...
–Maman, ne t'inquiète pas, je vais te soigner. J'ai commencé des études de médecine et...
–Laisse tomber mon fils, je vais mourir...
–Naaaan, dis pas ça, on n'a pas tout essayé encore! Tout à l'heure j'ai trouvé l'affichette d'un puissant magicien, le professeur Boubousoula, mondialement connu dans son quartier! Il peut réparer les scooters italiens par télépathie et...
Link voulait juste le consulter pour son problème de sex... hum...
–Mékilékon! Link, écoute moi! Je vais trépasser compris? Mon contrat ne courait que pour un seul épisode. Alors, tu la boucle, et tu écoute. Tu as un destin de héros : tu dois sauver le monde, c'est la prophétie qui le dit. Pour cela, tu va trouver le Druide. Ah, et puis prends ces pierres elfiques en plastique bleu qui appartenaient à ton père...
–Hum, mon père alcoolique, qui est mort et que je déteste?
–C'est ça. Et surtout, ne les perds pas!
–Super... v'la l'héritage... des bouts de plastoc fluo...
–Bon, sur ce : couic! Je meurs."

Hum. Une prophétie, une destinée, des pierres magiques? Je me demande bien ce qui va se passer... En attendant, notre héros charismatique en deuil se dispute avec son oncle qui voudrait bien qu'il laisse tomber ces histoires de héros, de prophétie et jette les pierres dans la rivière. Mais Link refuse de se débarrasser des cailloux, ça polluerait. Il n'a cependant aucune intention de suivre la prophétie et décide de partir pour la fac de médecine de Bledpaumé puisqu'il veut devenir soigneur et qu'il a entendu parler des soirées étudiantes qui se terminent en orgie et que ça tombe bien il déborde tellement d'hormone qu'il a le kiki tout dur rien qu'en regardant deux écureuils copuler.

Au même moment, au fond d'une sombre grotte, un barbu couvert de scarifications, de poussière, et de givre se réveille de ce qui semble être une sorte de sommeil magique : c'est le le druide Alakon. Et son épée à cran d'arrêt super cool.
Un druide certes, mais un druide qui met les pieds ou il veut, et surtout dans la gueule.

Cependant, à Gronarbre, c'est la cérémonie d'intronisation des nouveaux élus devant le Groficus, en présence du roi elfe. Les élus sont donc intronisés (non, rien de répréhensible là dedans), ils font un gratouille au Groficus et là... c'est le drame : en touchant une racine du bouzin, Zelda a une vision terrifiante de l'avenir : le Groficus est mort, la cité de Gronarbre est détruite et tout le monde est zigouillé par des démons ailés. Ayant échoué à son test de santé mentale, elle commence à prononcer des paroles incompréhensibles du genre :"Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn" et tourne de l’œil illico presto.

Un peu plus tard et une fois remise de ses émotions, Zelda profite du bal de promo des élus pour refaire discrètement une tentative de papouille au Groficus. Evidemment, elle a une nouvelle vision : elle-même en train de zigouiller son fiancé Bellâtre, un beau gosse elfe à la cervelle de pois chiche. Paniquée, elle décide donc de fuguer pour empêcher sa vision de se produire, non sans coller une copieuse mandale à Bellâtre qui tente de l'en empêcher (tant la notion de consentement lui semble surfaite).

De son côté Link est en pleine cambrousse avec son cheval sa bite et son couteau à beurre +2 contre les rats, quand il se fait alpaguer par un "troll" (en fait un gros motard avec un blouson de cuir et un masque à gaz mais sans sa Harley).
"–Chérie? Ça va trancher..."
Il est à deux doigts d'y passer, mais est sauvé par une fille en tenue moulante, la vagabonde Chaudass, qui se fout un peu de sa gueule (on la comprend) avec cette réplique mémorable (et néanmoins authentique je le crains) :
"–Je croyais que les elfes étaient censés être intelligents...
–Je ne suis qu'à moitié elfe.
–Tu dois être la mauvaise moitié..."
Voilà : même Chaudass s'est aperçu que le héros est un abruti! C'est dire si les auteurs de la série ne se font pas d'illusions... Sur ces entrefaites, elle l'invite à la suivre dans sa cabane en haut d'un arbre.

Au même moment, à Gronarbre, les élus constatent que le Groficus n'est pas au top de sa forme : il pisse le sang, ce qui pour un arbre n'est pas banal. C'est le moment choisi par Alakon pour pointer sa truffe.  Les gardes, qui ont pour instruction de refouler les démarcheurs, tente bien de le stopper, mais se font bien vite démonter le museau par notre druide un brin chafouin, ce qui donne un dialogue du style :
"–Votre majesté, un témoin de Jéhovah insiste pour vous voir.
–Un seul? D'habitude ils sont deux... Rhaaa, fais ch... ma petite fille s'est barrée pour la Syrie, et le Groficus est malade alors j'ai d'autres chats à fouetter m'voyez! Foutez-le dehors.
–Mais il dit qu'il est druide...
–C'est du grand nawak! Y a plus de druides, la culture du canabis magie est morte!"
Le druide entre alors en propulsant un garde sur le chandelier, ce qui démontre qu'on s'introduit dans ce palais comme dans un moulin, mais la suite le prouvera de nouveau.
"–Salut mon poto, ça farte?
–Alakon? Bin merde alors, j'étais sûr que tu avais fait une overdose y a des années de ça...
–Mais non... la descente d'acide à juste été un peu longue. Bon, j'ai eu une vision du Groficus, ça pue...
–Hum. Oui, désolé y avait des haricots à la cantoche ce midi, et j'ai la digestion un peu capricieuse...
–Non, je veux dire : ça pue, les forces du mal sont de retour.
–Minute papillon...
–Moui? Vous êtes?
–Iznogoud, le fils aîné du roi. Je ne te crois pas étranger. Prouve que tu es un druide, fais de la magie!
–Que... mais... vous n'avez pas vu que j'ai fait voler vos gardes pour arriver ici? Il vous faut quoi de plus?
–C'est bon fiston, je me porte garant de lui.
–Sgrmblbl... Vieux sénible... Sgrmblbl...
–Bon votre Groficus : il est malade. A chaque feuille qu'il perd, un démon va se réveiller. Quand il sera à oilpé, on va prendre cher : les portes de l'enfer vont s'ouvrir.
–Ah merde... ça bouche les latrines hein c'est ça? Je savais bien qu'on aurait dû utiliser autre chose..."

Pendant ce temps, dans la maison dans l'arbre, Chaudass, demande à Link de se dessaper pour se laver. Les hormones de ce dernier étant toujours au top niveau, il ne se fait pas prier bien que tout cela sente le piège à plein nez. Et de fait, tandis qu'il se délasse dans son bain...

Alors bon :  je rappelle que la cabane est en haut d'un arbre, mais visiblement, elle doit avoir l'eau courante. Dans un monde sans technologie oui. Ne cherchez pas, c'est aussi con que le reste. Sinon, on peut imaginer Link et Chaudass en train de monter de l'eau dans un seau au bout d'une corde pendant environ 2h pour remplir la baignoire. Bref, tandis qu'il se délasse dans son bain en sirotant une pina colada, notre héros fini par s'endormir, drogué, tandis que Chaudass lui chaparde ses pierres elfiques en plastique.

Bon, à ce stade je vous avoue que j'ai commencé à lapider l'écran à coups de figues molles.

Cependant, à Gronarbre, tandis que le jardinier en chef tente de soigner le Groficus par... euh... apposition des mains... ?
Cet arbre saigne. Encore un coup de ces assassins de Végans!
... les premières feuilles tombent au sol et se consument. Au même moment dans un paysage désolé en plein cœur du Mordor, un démon se réveille : le terrible Pouftémor. Il se retranche illico derrière une barrière magique (à moins qu'il ne lâche une caisse, on ne sait pas bien) avec un rire sardonique.

A suivre...

jeudi 15 février 2018

QI ou cru?

"–Moi je crois qu'il hiberne...
–T'es sûr? C'est pas dit... p'têt qu'il fait semblant et que d'un coup, bim! Il va nous sauter dessus! On peut pas être sûr...
–Maiiiis non! Il hiberne j'te dis! C'est la saison après tout! T'as qu'à voir, ça fait combien de temps qu'il a pas moufté? Un mois? Deux? P'têt même qu'il est clamsé, va savoir...
–Remarque... t'as raison... il a pas l'air frais quand même... touche le pour voir?
–Moi? Et pourquoi toi tu le touche pas?
–C'est ça! Et là il me fait le coup du zombie mort vivant, il se relève, et il me bouffe! Merci bien!
–Pfff, tu racontes n'importe quoi! Les zombies c'est que dans les films et les séries!
–Bin dans ce cas, pourquoi t'as peur de le toucher?
–Mais euh j'ai pas peur!
–Ah ouaih? Prouve le alors!
–Mais ouaih, mais carrément...
–Bah vas-y!
–Ouaih ouaih, je vais le faire... d'façon, j'risque rien hein... suffit de le voir, il est tout pâle, c'est clair qu'il est carrément décédé! Allez zou, je le touche!
*tâte* *tâte*
–Greuuuuuuh!
–AAAAAAAAAAAAAAH!
–AAAAAAAAAAAAAAH!
–Teuheu! Teuheu! Purée! Mais... teuheu... ça va pas de me réveiller pendant que je roupille? Bon sang, on peut même pas siester tranquille pour se remettre de sa grippe sans que des p'tit cons viennent vous casser les testiboules! Feriez-mieux d'aller à l'école! Ça vous instruirait! Rhaaaa, fait ch..."
Rhaaa, fichue grippe! Atchoum! Teuheu!

Bon, puisque je suis réveillé, on va en profiter pour causer : comme le titre de l'article ne l'explicite pas très clairement, nous allons papoter à propos d'Intelligence, question polémique s'il en est, ce qui devrait nous permettre de ne pas répondre à des interrogations aussi ardues que :
Vous noterez que j'ai parlé de "polémique" Victor : car la presse s'est récemment fait l'écho d'une baisse inquiétante du QI moyen au cours des 100 dernières années et même plus précisément des 20 dernières années. Certains voulant jouer les Cassandre ont immédiatement évoqué l'effet "Idiocratie": nous deviendrions de plus en plus cons.

Et il est vrai que l'on a parfois le sentiment qu'il y a de plus en plus de cons chaque année. Et parfois même que les cons de l'année prochaine sont déjà là...
F*ck... j'ai l'impression qu'on s'est planté quelque part... mais où?

Mais peut-on dire vraiment que le QI et l'intelligence c'est la même chose? En effet la notion d'intelligence est du genre plutôt subtile, et ne fait pas l'unanimité. Comment en effet définir ce qui est intelligent et ce qui ne l'est pas? D'autant que :
  1. on peut toujours trouver moins intelligent que soit
  2. on est tous le con de quelqu'un
  3. même des gens très intelligents dans certains domaines peuvent se révéler excessivement cons dans des domaines qui ne sont pas les leurs



Alors peut-on quantifier l'intelligence? Faut il se baser sur le test du QI? Du QE? Du QIT? La taille du cerveau? Celle du zgeg? L'âge du capitaine? Le bonnet de soutien-gorge?

1. Commençons par le commencement : d'abord, l'intelligence, qu'est-ce que c'est?

Parler d'intelligence, c'est une chose, mais pour la définir on est tout de suite moins à l'aise. Bin oui, à votre avis, c'est quoi l'intelligence? C'est :
  • l'excellence scolaire?
  • la capacité à s'adapter à son environnement?
  • les aptitudes mathématiques?
  • la faculté d’appréhender le monde sous un angle scientifique, rationnel et logique?
  • la capacité à "traiter" de l'information?
  • le Quotient Intellectuel (QI) ou le Quotient Intellectuel Total (QIT)?
  • le Quotient Emotionnel (QE)?
  • Obiwan Kenobi?

Bon, je vous l'avoue, je suis mal à l'aise pour vous donner une définition claire. Et moi quand je suis mal à l'aise pour définir clairement une notion, mon premier réflexe c'est d'utiliser une bombe de fumée ninja et de me carapater et poussant un rire sardonique un dictionnaire :
Mouahahahaha! Euh...
  intelligence \ɛ̃.te.li.ʒɑ̃s\ ou \ɛ̃.tɛl(l)i.ʒɑ̃s\ féminin
   Nom commun.
   (latin intelligentia, de intelligere, connaître)
  • Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle : Les mathématiques sont-elles le domaine privilégié de l'intelligence ? Test d'intelligence.
  • Capacité de manipuler un concept par la pensée : Pour l'intelligence de ce qui va suivre, rappelons la démonstration antérieure.
    "–Ok, donc l'intelligence, c'est être un petit Jedi tout vert?"
On n'est pas le cul sorti des ronces. Bon, en voici une autre alors :
  • L'intelligence est l'ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre elles et d'aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l'intuition). Elle permet de comprendre et de s'adapter à des situations nouvelles et peut en ce sens être également définie comme la faculté d'adaptation. L'intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l'information pour atteindre ses objectifs.
    Le terme est dérivé du latin intelligentĭa, « faculté de comprendre », dont le préfixe ĭnter- (« entre »), et le radical legĕre (« choisir, cueillir ») ou ligāre (« lier ») suggèrent essentiellement l'aptitude à lier des éléments entre eux.
Ok. En gros, si je résume, c'est la capacité à relier ensemble plusieurs informations pour interagir de façon efficace et consciente avec son environnement, et ce dans le but d'optimiser ses chances de survie à court, moyen, et long terme.

Bon, évidemment, à ce compte on peut sans doute considérer que le caillou lambda est plus intelligent que le président des USA lambda mais admettons. Mais... corrigez moi si je me trompe :  la plupart des formes de vie interagissent avec leur environnement non? Et toutes cherchent à maximiser leur survie en adoptant des comportements adaptés. Du coup la plupart des formes de vie sont intelligentes?

–Bin non, les animaux ils sont pas intelligents, c'est l'instinct!

Ah oui. L'instinct. Précisons tout de même que cette notion "d'instinct" ne fait plus l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Mais admettons. Et du coup, comment distinguer ce qui relève l'instinct (processus inconscient) de l'intelligence (processus conscient)?
L'intelligence, ça a du bon quand même...
–Oh bin ça c'est facile : les créatures intelligentes fabriquent des trucs, utilisent des outils...

Ok. On doit donc considérer que les castors qui construisent des barrages, ou les fourmis qui construisent des fourmilières sont plus intelligentes que les actionnaires des grands groupes pétroliers qui détruisent l'environnement. Notez, ça se tient. Selon ce principe on doit alors considérer que le plombier moyen est beaucoup plus intelligent que l'expert comptable, ce qui serait vrai selon certains, emmerdant et absurde selon beaucoup d'autres.
Vous aussi vous trouver qu'il n'est pas absolument essentiel de regarder la partie gauche de cette image?

Du coup pour quantifier cela, certains ont imaginé des tests psychométriques standardisés sensés mesurer quantitativement l'intelligence : le test de Quotient Intellectuel, ou QI. Dans les faits, ce dernier mesure principalement la capacité de raisonnement logique, de représentation spatiale, la mobilisation du vocabulaire et la mémoire.

Problème : si ces items sont certainement des aspects de l'intelligence, ce ne sont probablement pas les seuls. D'où l'émergence depuis quelques années du concept de Quotient Émotionnel (ou QE).

Bon, tout ça c'est bien joli, mais allez donc faire passer un test de QI ou de QE à un poulpe ou un dauphin... notez d'ailleurs que la question se poserait tout autant vis à vis d'un hypothétique extraterrestre parlant exclusivement le Zéta-Réticulien (par exemple), issu d'un développement totalement différent, et imprégné d'une culture sans rapport avec la notre...
On appelle aussi ça la langue de bois...
Formulé autrement : "Si vous jugez un poisson par sa capacité à grimper aux arbres, il passera sa vie entière persuadé qu'il est totalement stupide." (Albert einstein)


Bon, on ne s'en sort pas. La définition est floue, la mesure tout autant... Concentrons-nous plutôt sur l'origine de l'intelligence...

2. Où se situe le siège de l'intelligence?

Non pas celui-ci.
Faute de pouvoir définir l'intelligence, sans doute pourra-t-on au moins dire quel organe en est à l'origine. Au moins chez l'homme... Ça, ça devrait être une question facile :
"–Rhaaa, c'est pas facile... euh... le zgeg peut être? Non... enfin quoique... le cerveau?
–C'est votre dernier mot?
–Euuuuuuh... je crois que je vais demander à un ami hein! Google est mon ami."
Hélas, la réponse est loin d'être simple. Pour beaucoup de gens, le siège de l'intelligence est évidemment le cerveau. Ce bel organe constitué principalement de matière grasse et de flotte serait donc l'organe conduisant l'être humain à construire le Taj Mahal ou à faire des blagues homophobes à la télé. Du moins, c'est ce que l'on a longtemps cru. Toutefois, des recherches récentes tendent à démontrer que si l'essentiel des capacités de traitement de l'information se situent bien dans le cerveau, un certains nombre de décisions pourraient bien être prises ailleurs : quelque part dans le système nerveux entérique...

–Gneuh?

... le système nerveux des intestins. Les neurones du prout quoi! On l'appelle parfois le deuxième cerveau.

Pour l'essentiel, ce système nerveux entérique est un groupe de ganglions nerveux dont la fonction est de réguler le délicat mécanisme de la digestion. Ne rigolez pas : rien que lâcher une caisse nécessite l'action conjointe de deux sphincters, dont seul l'un des deux est dirigé de façon consciente...

Là ou ça se complique, c'est que plusieurs neurotransmetteurs...

–Ohla! Tu deviens technique...

Pardon. Je reprends. Le système nerveux et le cerveau fonctionnent à l'aide de tirs de taser p'tites décharges électriques (les impulsions nerveuses) et de drogues signaux chimiques (qui en général régulent les émotions). La pensée est un mix de ces deux types de signaux. Et les signaux chimiques, ce sont des petites molécules appelées neurotransmetteurs (les hormones en sont un exemple).

Bon. Or, plusieurs de ces neurotransmetteurs sont fabriqués dans le système nerveux entérique. Cela dépend donc :
  1. de ce qu'on mange (certains aliments sont plus propices que d'autres à la production de certains neurotransmetteurs, et donc à l'expression de certaines émotions)
  2. de l'action du microbiote intestinal (les micro-organismes alliés qui vivent dans nos intestins et nous aident à digérer nos aliments) : les recherches récentes montrent qu'un mauvais équilibre du microbiote semble associé à certaines pathologies mentales et même à des retards d'apprentissage
Il est même envisagé que certains de nos choix soient plus ou moins directement dictés par... les microbes se trouvant dans nos intestins. En effet, ces organismes ont des préférences alimentaires, et influeraient de façon plus ou moins large sur nos décisions en libérant certains neurotransmetteurs (le bon vieux système punition/récompense) pour nous pousser à consommer ce qui leur plait. Nos préférences gustatives (j'aime les épinards/je n'aime pas les épinards, je préfère le chocolat noir au chocolat blanc, etc...) seraient donc directement liées à la nature précise de notre microbiote , c'est à dire à notre entérotype (les organismes présents, et leur proportions).
"C'est pas ma faute, c'est mon microbiote!"

Il est même envisageable que leur influence s'étende à d'autres aspects de notre vie, pouvant avoir un impact sur leur bien être, ce qui rendrait l'être humain plus proche d'une intelligence collective, ou intelligence de ruche, que d'un être disposant vraiment de libre-arbitre.

Bon tant pis pour le siège de l'intelligence... mais est-ce qu'on peut au moins la mesurer? Établir un classement?

3. Mon QI/QIT est plus gros que le tien... faisons un concours de QE...

Les humains aiment bien quantifier toutes sortes de choses inutiles et plus ou moins abstraites :
  • le montant de leur fortune
  • les points du permis de conduire
  • l'audimat de Cyril Hanouna
  • la taille du bonnet de soutien gorge
  • la longueur de leur zigounette
  • etc...
Cette manie de tout quantifier porte même un nom : le règne de la quantité (ainsi dénommé par René Guénon dans son ouvrage éponyme). Du coup, il paraissait logique de quantifier et classer l'intelligence également. C'est ce que fit le psychologue Charles Spearman au début du XXième siècle avec ce qu'on appela d'abord le "facteur G", puis le test de "Quotient Intellectuel". Spearman se basait sur son observation d'une corrélation entre les performances scolaires dans les différentes disciplines (les élèves bons en anglais étaient significativement meilleurs en maths, etc...). Ou pour schématiser : les premiers de la classe sont comme les asperges, le meilleur est dans la tête et font faire pipi qui sent fort. Dit autrement : si t'es bon en math, t'es intelligent, mais si tu ne sais pas résoudre une équation différentielle à 5 inconnues, t'es con comme un bulot.

Forcément, pas mal de gens ont trouvé ça plutôt injuste (certainement les crétins qui ne savent pas résoudre les équations différentielles à 5 inconnues, les pauvres...), et se sont mis à trouver que cette classification par le QI était par trop restrictive, car trop corrélée à l'apprentissage scolaire. En gros, ça montre qui rentre bien dans le moule scolaire et sait faire 2+2, mais pas forcément qui a du potentiel, ou qui sait se montrer performant dans des domaines plus sociaux par exemple.

Du coup, dans les années 90, le psychologue américain Daniel Goleman propose le concept de Quotient Emotionnel, destiné à quantifier ce que l'on pourrait qualifier d'intelligence émotionnelle -(proche du concept d'intelligence sociale).  Ça vous semble nébuleux? Un exemple alors. Prenons cet individu :
Un individu lambda. Voire un peu con.
Si beaucoup de gens le considèrent comme une forme de génie (si si, je vous rappelle que d'autres gens ont élu Donald Trump), un nombre probablement plus grand encore le considère certainement comme un con. Ce à quoi je vous dirai : un con peut être, mais un con rudement intelligent dans la mesure ou il gagne certainement bien mieux sa vie que la plupart de ceux qui le prennent pour un con, moi le premier.
Et ouaih. Et c'est légal.
Et bien l'intelligence émotionnelle, c'est ça. Ce type n'enverra sans doute jamais une Tesla en orbite martienne, mais il possède une forme d'intelligence lui permettant d'optimiser son influence sociale... et par là même la taille de son portefeuille.

–Bon mais... et l'éducation dans tout ça?

Aaaaah, l'éducation... il y aurait tellement à en dire que ça fera l'objet d'un prochain billet je pense...
Toi aussi t'as baillé, te cache pas, j't'ai vu!
"–Mince, je crois qu'il s'est rendormi...
–C'est bon, tu m'auras pas une deuxième fois. Qu'il roupille donc, moi je me casse.
–Bin quoi, t'es pressé? T'as un rendez-vous p'têt?
–Non, c'est pas ça, mais j'ai vu qu'il y avait une grosse promo sur le Nuletta® à l'Intercharmé®...
–Et depuis quand tu bouffe du Nuletta® toi?
–J'en bouffe pas, mais j'en achète plein en promo, et je les revends sur le Petit Coin après à deux fois plus cher, mais moins cher que le prix normal quand même. Du coup je me fais des testiboules en or.
–Ah ouaih p'tain, t'es intelligent toi...
–Et ouaih... que veux-tu, j'ai un gros QI..."